15/01/2016

Le lieu-dit des six ruelles, le carrefour au pied de la rue Bordelais

La vue aérienne qui suit a été obtenue grâce à Bing Maps (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre) :
Vue aérienne Live Search Maps.jpg
Des six ruelles d'antan, il n'en reste que cinq, et certaines sont devenues des voies de circulation fort fréquentées :

1 : la rue Bordelais / 2 : la rue du Coq / 3 et 4 : la rue Chiff d'Or / 5 : la rue de la Station / FF : la place Francisco Ferrer / VT : le Vieux Thier / FN : la rue Ferdinand Nicolay.

* * * * *

La rue Bordelais (petit bordeau) tirerait son nom des vignobles qui couvraient autrefois les pentes du coteau (c'est en tout cas l'explication la plus répandue). Princes-évêques de Liège, abbés de Saint-Gilles, moines du couvent des Guillemins, grands propriétaires terriens (comme par exemple la famille Grimbérieux), cultivaient la vigne sur les flancs des collines exposées au sud. Dans les environs, d'autres lieux-dits rappellent la viticulture et ses cépages : le Petit Bourgogne (Cointe), la Côte d'or, la Chyvre d'Or, Sous les vignes etc...

Chiff d'Or (Chievre d'Or, Chyvre d'Or > Chèvre d'Or) est l'appellation d'un vignoble déjà cité au XIVe siècle. Dans la rue qui porte aujourd'hui ce nom, on peut admirer la Torette, une magnifique bâtisse dont les origines remontent au XVIIe siècle :plaque saint-nicolas tilleur.jpg

La Torette doit son nom de sa tour carrée ; construite en 1632 sur un bâtiment existant, elle doit son aspect typique, avec son espèce de clocher bulbeux, aux frères Guillemins (ou Guillemites), désireux de disposer d'une maison de repos près des vignobles leur appartenant.

La Torette vers 1905 (année de l'Exposition universelle de Liège) :La Torette vers 1905.jpg

Lors de cette prestigieuse manifestation internationale, la « Maison de Tilleur », inspirée par la Torette, a fait partie du Vieux-Liége, zone près du pont de Fragnée où on avait reconstitué des exemples du patrimoine liégeois :
Le Vieux-Liége en 1905.jpg

À Tilleur comme ailleurs dans la région, les vignobles disparaissent dès le milieu du XIXe siècle pour faire place aux activités houillères et métallurgiques. La Torette se retrouve de plus en plus perdue dans un paysage de charbonnages et d'usines, avec des maisons ouvrières à proximité.

Le plan qui suit date de 1947 (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre). Le cercle rouge désigne l'emplacement de la Torette. La flèche montre l'entrée d'un tunnel de 1200 mètres creusé en 1860 par la houillère de La Haye pour acheminer le charbon de son siège d'extraction de Saint-Gilles vers les voies de chemin de fer de la vallée. En 1947, le tunnel n'est plus utilisé (le charbonnage a fermé en 1934), mais il a servi d'abri anti-aérien pendant la seconde guerre mondiale :plan 1947.jpg

En 1873, le charbonnage de La Haye a aussi installé une batterie de fours à coke le long du chemin de fer, et en 1908, c'est la S.A. Fours à Coke de Tilleur-Ougrée qui a démarré ses activités à proximité. En 1928, est créée la société S.A. Engrais et produits chimiques de la Meuse (Chimeuse). Cette nouvelle usine est construite dès 1930 sur un site rehaussé de 2 à 3 mètres dans le but de le protéger des crues de la Meuse. On utilise des déchets de charbonnage, des débris miniers et des déchets de l’industrie sidérurgique pour remblayer le terrain. Les anciens fours à coke sont en partie conservés. Certains resteront actifs jusqu’en 1950

En 1957, Chimeuse est absorbée par la société S.A. Ammoniaque synthétique et dérivés (ASED) qui poursuivra les activités jusqu’en 1961, année où elle procédera à l'arrêt des activités. Le site est désaffecté depuis 1961*.
* Tous les renseignements contenus dans les deux paragraphes qui précèdent proviennent du site de la SPAQuE (Société publique d'aide à la qualité de l'environnement).

Le site de Chimeuse à l'abandon dans les années 1960 (partie est, sur le territoire de Sclessin) :
chimeuse.jpg

Les vestiges de Chimeuse en 1966 ; ils seront définitivement démantelés en 1993 :chimeuse_1966.jpg

La rue Chiff d'Or et la Torette en 2007, avec à gauche, le site de Chimeuse en cours de dépollution :
rue chiff d'or tilleur_2007.jpg

C'est la société SPAQuE qui a assaini le site de 2007 à 2011. Le site a été retenu par le gouvernement wallon comme zone d'activités économiques prioritaire :depollution chimeuse tilleur.jpgsite chimeuse ouest assaini spaque.jpg

On appelle aussi rue Chiff d'Or le tronçon qui va de la rue Bordelais au Vieux Thier et à la rue Ferdinand Nicolay. Au XIXe siècle, il s'agissait de la ruelle du Crucifix, en référence au vieux Christ du XVIe siècle qui se trouvait au pied du Vieux Thier (voir cet autre article).

Le crucifix du Vieux Thier à l'aube du XXe siècle (à droite, on aperçoit un morceau de la maison communale construite en 1896) :crucifix vieux thier tilleur.jpg

Le même endroit de nos jours (le vieux crucifix existe toujours, déplacé plus haut dans le Vieux Thier) :
tilleur 2008.jpg

C'est à l'époque de la mise en service de la maison communale que la ruelle du Crucifix est rebaptisée rue Chiff d'Or, en prolongement de celle existant déjà.

La photo qui suit présente cette maison communale après 1921, année de l'inauguration devant son perron d'un monument aux morts de 1914-1918 (monument surnommé familièrement « la Madelon », œuvre de l'architecte Lutgens et du tailleur de pierre Dubois, tous deux enfants du pays) :maison commuinale tilleur apres 1921.jpg

La maison communale a été détruite en 1979, à la suite de la fusion des communes de 1977 qui a vu Saint-Nicolas absorber Tilleur. C'est une école qui s'élève aujourd'hui à cet emplacement. Déplacé au musée de la pierre de Sprimont, l'imposant monument aux morts a été remplacé par une stèle funéraire de moindre importance. Voici les lieux en 2008 :ecole pied du thier tilleur 2008.jpg

Revenons au pied de la rue Bordelais. À sa droite s'ouvre la rue du Coq, raidillon qui gravit aussi la colline vers les Grands Champs et le bois de Saint-Gilles :rue bordelais tilleur 2008.jpg
L'appellation « du Coq » n'a rien à voir avec un quelconque gallinacé ; il s'agit de l'altération orthographique, au fil des siècles, du nom de famille des « Lecocque », propriétaires terriens locaux au XVIIIe siècle.

La maison au pignon en escalier, on la retrouve sur cette photo de la place Ferrer au début du XXe siècle :

place ferrer tilleur debut XXe (1).jpg

Cette place s'est appelée un temps la place du Couvent, vu l'établissement des religieuses à l'origine de l'école maternelle et primaire Saint-Hubert. C'est en 1912 que le conseil communal, pour la première fois à majorité socialiste, a décidé de dédier le lieu à Francisco Ferrer, pour rendre hommage à ce pédagogue espagnol adepte de la libre pensée, favorable à l'éducation du peuple, et finalement fusillé en 1909 comme anarchiste.

La carte postale qui suit est intitulée « Place Ferrer, nouveau couvent ». Les Sœurs de la Charité avaient en fait ouvert une école pour filles dès 1851, mais leur bâtiment se trouvait initialement rue de Liège (devenue depuis la rue des Martyrs). C'est en 1911 que de nouveaux locaux leur ont été construits à l'emplacement actuel :couvent place ferrer tilleur.jpg
Document LÎ BON VÎ TIMPS

couvent place ferrer_tilleur_apres 1911.jpg
Sur la place Ferrer, existait « li rodje pompe » (la pompe rouge), pompe communale qui permettait aux riverains de se ravitailler en eau potable grâce au Horloz, ruisseau descendant de Saint-Nicolas (l'« eau du robinet » n'a été installée qu'en 1923). La pompe, sur ce document du début du XXe siècle, a été colorisée pour justifier l'appellation rougeâtre :
Rodje pompe.jpg

La vue ci-dessus est en réalité extraite de cette carte postale :place ferrer tilleur debut XXe (2).jpg

Le même endroit de nos jours :place ferrer tilleur 2008 (2).jpg

La place Ferrer dans l'autre sens, vue du pied de la rue Bordelais :place ferrer tilleur 2008.jpg

La place Ferrer se prolonge par la rue de la Station, avec ses anciennes maisons ouvrières :place ferrer et rue de la station_tilleur_2008.jpg

La rue de la Station vue dans l'autre sens, depuis la passerelle qui enjambe le chemin de fer :rue de la station_tilleur_2015.jpg

Auparavant, la rue de la Station s'appelait la ruelle de Liège ; elle continuait au-delà des voies ferrées grâce à un passage à niveau. Elle a pris son nom actuel à la fin du XIXe siècle, après les transformations nécessitées par l'implantation à cet endroit de la gare de Tilleur (voir autre article).

Voici la passerelle qui a remplacé, en 1879, le passage à niveau de la ruelle de Liège (rebaptisée rue de la Station) :passerelle gare tilleur debut XXe.jpg

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11:25 Écrit par Claude Warzée dans 17. Le lieu-dit des six ruelles | Commentaires (0) |  Facebook |

06/01/2016

La place Cri du Perron à Montegnée

Situons les lieux grâce à cette vue aérienne fournie par Bing Maps :Vue aérienne Live Search Maps.jpg
1 = la place Cri du Perron                2 = l'actuelle église Saint-Lambert

3 = la rue Paul Janson                  4 = la rue Thierbise
5 = la Maison du Peuple                6 = la rue Thiou
7 = La rue du Beffroi


Autrefois, le lieu était dit « au tiyou », expression wallonne signifiant « au tilleul ». C'est donc un arbre qui est à l'origine de ce nom, un arbre probablement plus beau et plus imposant que les autres, rescapé de l'antique forêt qui couvrait toute la région avant les défrichements des siècles passés.

La photo qui suit été prise au début du XXe siècle depuis le terril du Gosson n°1, de la rue Murébure :
terril gosson 1.jpg
À l'arrière-plan, on distingue le cœur historique du village de Montegnée*. C'est là, au Thiou (orthographe actuelle), que la population montagnarde** se développe initialement, profitant d'une source qu'on aménage en fontaine. À proximité, vers le Potay, la tour d'une ferme sert de beffroi en cas d'alarme (ce qui justifie l'appellation de l'une des rues du quartier).
* Montegnée était une municipalité distincte avant la fusion des communes de 1977.
** Les Montagnard(e)s sont les habitant(e)s de Montegnée.

Un sanctuaire desservi par un chapelain existe au Thiou dès 1315 ; incendié en 1636, il est reconstruit et subsiste jusqu'en 1873, date à laquelle on commence la construction d'une église néogothique (architecte Joseph Rémont), dédiée à Saint-Lambert :
eglise_montegnee.jpg

En 1908, le lieu-dit est officiellement dénommé place de l'Église (remarquez la pompe à eau alimentée par une source) :

place de l'eglise_montegnee_1910.jpg
Dans l'autre sens vers 1910 :
pompe place de l'eglise montegnee 1904.jpg

Après la première guerre mondiale, la place prend le nom du grand philanthrope Ferdinand Nicolay (la carte postale ci-dessous date de 1920) :place ferdinand nicolay montegnee vers 1920.jpg

 Voici la place Ferdinand Nicolay en 1940, À gauche, la Maison du Peuple a été inaugurée en 1932, avec salle de spectacles et de cinéma :maison du peuple montegnee 1940.jpg

La même vue en 2008. La façade de la Maison du Peuple est classée depuis 1974. Propriété de la commune de Saint-Nicolas, le bâtiment est mis à la disposition des groupements locaux :maison du peuple montegnee 2008.jpg

L'église Saint-Lambert en 1972 :
eglise saint-lambert_montegnee_1972.jpg

Déjà minée par l'âge et les dégâts miniers, l'église Saint-Lambert ne survivra pas au tremblement de terre de 1983. Toute rénovation s'avérant inutile, elle sera démolie dès 1984, puis remplacée par un édifice moderne à la mode du temps :place cri du perron_montegnee_2008.jpgeglise saint-lambert_montegnee_2008.jpg

À la suite de la fusion des communes effective dès le 1er janvier 1977, la place Ferdinand Nicolay est devenue la place du Cri du Perron. Le « cri du perron », sous l'Ancien Régime, était la proclamation en place publique, pour en avertir la population, des ordonnances, interdictions ou condamnations…


 La rue Paul Janson au début du XXe siècle (de 1875 à 1913, elle s'est appelée la rue Sous l'Église) :
rue paul janson montegnee 1904.jpgRue Paul Janson au début du XXème siècle.jpg

Cette voirie a été rebaptisée rue Paul Janson en 1913, à la mort de l'homme politique libéral proche des socialistes, réclamant comme eux le suffrage universel et davantage de droits pour les travailleurs.

La rue Paul Janson de nos jours (avec la présence de l'église plus discrète qu'autrefois) :

Rue Paul Janson en 2008.jpg

 

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12:10 Écrit par Claude Warzée dans 16. Place Cri du Perron (Montegnée) | Commentaires (4) |  Facebook |

18/01/2015

Le site du Bonnet, de la houillère à la plaine des sports

Ce plan de Rouck permet de situer le site du Bonnet (la flèche) tel qu'il se présentait à l'aube du XXe siècle, avec les vestiges du charbonnage et de son terril :carte de rouck annees 1960.jpg
 

L'exploitation de la houille est déjà signalée au Bonnet dès le XIVe siècle, mais c'est au milieu du XIXe que Frédéric Braconier, industriel et politicien libéral, obtient l'autorisation de remettre une ancienne bure en activité, puis développe sur ce site un charbonnage de grande importance.

 Vue générale du charbonnage du Bonnet vers 1910 :charbonnage bonnet_saint-nicolas_1910.jpg

 Le charbonnage du Bonnet en 1928 (à l'horizon, le château d'eau du Bois d'Avroy et les belles-fleurs du siège Piron du charbonnage de La Haye) :
charbonnage du bonnet 1928.jpg

Le site du Bonnet en 2008, avec une partie de la plaine des sports :site bonnet_saint-nicolas_2008.jpg

La rue Grimbérieux (patronyme d'une famille importante dans la région), au pied du terril du Bonnet en 1948 :
rue grimberieux_saint-nicolas_1948.jpg

Au début du XXe siècle, depuis le terril du Bonnet, on a une vue unique sur des alentours très champêtres :
terril bonnet_saint-nicolas_debut XXe.jpg

 La houillère du Bonnet cesse ses activités en 1930. Les puits sont comblés en 1934, et la cheminée est détruite en 1935 :destruction cheminee bonnet 1935.jpg

Des terrains de football se trouvent aujourd'hui à l'emplacement de l'ancienne houillère. À côté du bloc de pierre de droite, sur la vue qui suit, une dalle rappelle rappelle l'existence à cet endroit du puits n°1 (628 mètres de profondeur) :site du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Les installations du charbonnage du Bonnet sont démantelées, mais au lendemain de la seconde guerre mondiale, on aménage sur ce terrain un camp de baraquements pour loger les mineurs immigrés (italiens et polonais) qui travaillent dans le charbonnage du Gosson tout proche. La photo nous reporte vers 1950 (la rue à l'avant-plan est la rue du Bonnet) :
baraquements bonnet_saint-nicolas_1952.jpg

Les baraquements rudimentaires en forme de demi-tonneaux :baraquements bonnet.jpg

Une messe à la chapelle du camp, en 1949 :chapelle_camp du bonnet_1949.jpg

Je laisse ici la parole à Monsieur Mario Da Deppo, qui a connu ce camp et qui m'a aimablement envoyé ce message :

« C'est avec beaucoup de plaisir que je vous raconte cette anecdote qui a marqué de très nombreuses personnes à Saint-Nicolas et dans les environs.

Je suis arrivé au Bonnet lorsque j'avais 5 ans, et le terril était un merveilleux terrain de jeux. Au sommet, il y avait une croix, une grande croix en mauvais état, plantée là depuis je ne sais combien d'années.

Nous montions au sommet du terril et puis... au sommet de la croix...et bien assis sur une de ses deux branches, nous avions une vue unique vers la vallée. Bien que cela ne remplaçait évidemment pas mes Dolomites natales !

La croix, vu son grand âge, s'est un jour effondrée. Nous sommes restés quelque temps sans notre jeu préféré. Plus tard, sous la conduite de Don Bruno, l'aumônier italien, et à l'initiative de je ne sais qui, il a été décidé de planter une nouvelle croix sur le terril.

C'est par une belle soirée d'été que la nouvelle croix a été montée au sommet. Une nouvelle croix faite de deux troncs de sapins énormes, qu'il a fallu hisser avec peine. Toutes les communautés y ont participé, il devait y avoir plus d'un millier de personnes à cette manifestation ! Une manifestation comme on ne connaît plus de nos jours. Dans le noir, la foule éclairée par quelques cierges, avec la nouvelle croix en tête, couchée et portée par une centaine d'hommes costauds !

La foule rassemblée au sommet était si nombreuse que l'on se serait cru place Saint-Lambert. Soirée mémorable s'il en est, pour des enfants qui courraient dans tous les sens en montant sur leur terril ! Nous avions enfin retrouvé notre plaine de jeux avec son exceptionnelle attraction »

 *  *  *  *  *

Le site du Bonnet en 1949, 1953 et de nos jours :bonnet_saint-nicolas_1949(1).jpgbonnet champ d'ébats_saint-nicolas_1953.jpgplaine sports bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Ci dessous, une photo prise depuis le haut de la rue du Bonnet en 1949. Sous le viaduc à gauche de l'église Saint-Nicolas, passe une voie ferrée reliant les charbonnages de la région :
rue du bonnet_saint-nicolas_1949.jpg

 De nos jours, vu l'urbanisation des lieux, il faut descendre plus bas dans la rue pour découvrir un paysage semblable :église saint-nicolas_2015.jpg

C'est à ce niveau que la chemin de fer charbonnier traversait autrefois la rue du Bonnet :rue du bonnet_saint-nicolas_2015(2).jpg

 Sur cette photo de la rue du Bonnet en 1970, on devine, à la hauteur du piéton, l'ancienne tranchée du chemin de fer qui traversait la chaussée à cet endroit :rue du bonnet_saint-nicolas_1970(2).jpg

De nos jours (la flèche verte indique maintenant le début d'un ravel) :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 La rue du Bonnet est un cul-de-sac qui se termine aux grilles de l'actuelle plaine des sports :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015(3).jpg

Voici le même endroit en 1970. À l'emplacement de la double flèche sur la photo précédente, subsistent des dépendances de l'ancien charbonnage, utilisées comme logements :
rue du bonnet_saint-nicolas_1970.jpg

Ces bâtiments, on les retrouve sur la gauche de la photo ci-dessous (1953), avec face à eux des installations sportives créées en 1950 sous l'appellation « champ d'ébats du Bonnet » :
champt d'ebats_bonnet_1953.jpg

Ce « champ d'ébats » célèbre son dixième anniversaire en organisant de nombreuses manifestations sportives, puis décline à la suite d'un changement de direction et de la morosité économique engendrée par la fermeture progressive des charbonnages.

Resté longtemps à l'abandon, le site du Bonnet est complètement assaini de 1980 à 90, et les autorités communales veillent, depuis le début du XXIe siècle, à le dédier à nouveau aux sports et aux loisirs (rappelons que le ravel, qu'on aperçoit sur la droite, est l'ancienne voie ferrée) :
site du bonnet_saint-nicolas_2008.jpg


Et le terril ?

 Les deux photos qui suivent datent de la fin des années 1950, pendant l'exploitation commerciale du terril du Bonnet (exploité à la manière d'une carrière de matériaux) :terril_bonnet_saint-nicolas_1957.jpgterril_bonnet_saint-nicolas_1957(2).jpg

 Le terril arasé en 1970, en partie recouvert de chaux à cause des émanations de gaz :terril_bonnet_1970.jpg

L'emplacement de l'ancien terril (des crasseux s'imaginant peut-être qu'il s'agit toujours d'un crassier) :
terril bonnet_2015.jpg

 
Quelques photos du centre sportif actuel :

site du bonnet_saint-nicolas_1.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_2.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_3.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_4.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_5.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_6.jpg

16:55 Écrit par Claude Warzée dans 08. Le site du Bonnet | Commentaires (2) |  Facebook |

11/01/2015

La rue de Tilleur

La rue porte officiellement ce nom depuis 1877 ; elle est ainsi appelée parce qu'elle conduit vers la localité de Tilleur, laquelle devrait son nom aux tilleuls qui abondaient autrefois sur son territoire.

Le « thier de Tilleur »*, comme on disait jadis, est déjà cité au XIVe siècle, et c'est au milieu du XVIIIe que ce chemin est élargi et pavé, tout comme celui de Saint-Laurent à Saint-Gilles (l'actuelle rue Saint-Laurent). Ces voiries constituent alors, au départ de Liège, le premier tronçon de la route de France, route qui mène vers le sud via Seraing, Huy et le Condroz. De Tilleur à Seraing, c'est un bac** qui permet de traverser la Meuse.

* Le tronçon qui prolonge la rue de Tilleur vers la vallée s'appelle d'ailleurs toujours la rue du Vieux Thier.

** Un passage d'eau surnommé le « bac du prince », établi à l'époque du prince-évêque Georges Louis de Berghes pour permettre aussi la traversée des chariots et chaises à porteurs.


Situons les lieux sur cet extrait de la carte Ferraris (carte des Pays-Bas autrichiens réalisée par le comte Joseph de Ferraris dans les années 1770). Cliquez dessus pour l'agrandir :
carte ferraris.jpg
1 : la rue Saint-Laurent  /  2 : la rue Saint-Gilles  /  3
: La rue de Tilleur à la hauteur de l'abba
ye de Saint-Gilles (il n'en subsiste qu'une église romane modifiée au cours des siècles)  /  4 : les Grands Champs de Saint-Gilles  /
5 : la rue du Vieux Thier  /  6 : le bac du Prince
à Tilleur.    

 

La photo suivante est la carte postale ancienne qui circule le plus souvent sur Internet à propos de la rue de Tilleur. Elle porte souvent l'inscription manuscrite « 1905 » (que j'ai effacée), inscription erronée car Théodore Gobert situe en 1914 l'adjudication des travaux de construction du mur à gradins qui clôture le cimetière de Saint-Gilles :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_liege_debut XXe.jpg
Toujours à propos de la carte postale ci-dessus : les cheminées, dans le fond, sont celles du dépôt des tramways vicinaux de la rue Saint-Nicolas. Cette station possède en effet sa propre unité de production d’électricité.

Voici la même perspective en 2006 (à l'emplacement du glacier d'antan, le bâtiment a appartenu longtemps à l'atelier protégé Jean Delcour ; il est maintenant une annexe de la mosquée contestée du n° 140) :

rue de tilleur_saint-gilles_2006.jpg

Sur la gauche, on aperçoit la rue de Tilleur longeant le cimetière de Saint-Gilles :
Cimetière 2008.jpg


Découvrons la rue de Tilleur tronçon par tronçon. La flèche, sur la photo ci-dessous, en présente l'entrée, à la fin de la rue Saint-Gilles, dont on voit ci-dessous le dernier tronçon en 2006, pendant la construction de la résidence Deltour :rue saint-gilles-plateau-liege-2006.jpg

 Le début de la rue de Tilleur en 1938 :rue de tilleur_saint-gilles_liege_1938.jpg

En 1946 (commémoration du 11 novembre) :rue de tilleur_saint-gilles_liege_11 nov 1946.jpg

 De nos jours :
rue de tilleur_saint-gilles_liege-2008.jpg

 Comme la rue Saint-Gilles qu'elle prolonge, la première partie de la rue de Tilleur est fort commerçante :
rue de tilleur_saint-nicolas liege-2006.jpg

 La photo qui suit a été prise en septembre 1976, pendant la fête du quartier, associée aux commémorations religieuses en l'honneur de saint Gilles, le patron de la paroisse :rue de tilleur_saint-gilles_cortege 1967.jpg

La rue de Tilleur (dans l'axe de la flèche sur la vue aérienne ci-dessous) est proche de l'église dédiée à saint Gilles. À la fin des années 1970, la fête du quartier attire toujours les forains :
fete foraine_saint-gilles_liege_1979.jpg

Actuellement, il n'y a plus la moindre attraction, et même la baraque à croustillons et lacquemants (orthographe d'origine, due en 1903 à Désiré de Lille) a laissé place à une petite roulotte. Voici que ce qui subsistait de la fête foraine en 2008 :fete foraine_saint-gilles_liege-2008.jpg
Photographiée depuis la rue de Tilleur, la voirie que l'on voit sur la photo ci-dessus est la cour Saint-Gilles. Après les maisons de gauche, se trouve l'église romane Saint-Gilles :
eglise saint-gilles_liege_2008.jpg

La cour Saint-Gilles porte cette appellation pour rappeler le préau d'une abbaye existant là autrefois. Quelques bâtiments de cette ancienne abbaye bénédictine existaient encore dans la première moitié du XXe siècle, comme en témoigne cette vue qui nous reporte vers 1920 (ils étaient occupés par des religieuses de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur, originaires de France) :cour saint-gilles_liege_1920.jpg

Dans l'autre sens en 1966. La photo, cette fois, est prise depuis la cour Saint-Gilles en direction de la rue de Tilleur et de la rue Courte :rue de tilleur_rue courte_saint-gilles_1966.jpg

En avril 2013 :
rue de tilleur_saint-gilles_liege_2013.jpg

Au rez-de-chaussée de la résidence Virginie, en construction sur la vue ci-dessus, on a établi un nouveau bureau de poste. Il faut dire que le précédent a été détruit par un incendie en décembre 2001 :incendie 2001.jpg

De son début jusqu'aux Grands Champs, la rue de Tilleur délimite les communes de Saint-Nicolas et de Liège. Le cimetière Saint-Gilles (à gauche), est situé en territoire liégeois :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_2008.jpg
C'est en 1817 que la Fabrique d'église de Saint-Gilles achète ce terrain pour en faire un cimetière paroissial. Le lieu de sépulture est agrandi à diverses reprises dans la seconde moitié du XIXe siècle, et son entrée est fixée cour Saint-Gilles en 1904.

Au départ, les besoins funéraires ne nécessitent pas toute l'étendue du terrain acquis, et les autorités paroissiales autorisent la commune de Saint-Nicolas à installer sa première école primaire sur une partie de leur bien. À la suite des travaux d'agrandissement du cimetière en 1894-99, cette école saint-clausienne devra abandonner sa localisation liégeoise, ce qu'elle fera définitivement en 1900 pour être intégrée dans le groupe scolaire du quartier Tout-Va-Bien.

 

La rue de Tilleur traverse la place des Grands Champs avant de se prolonger vers la vallée mosane (l'immeuble blanc, derrière les arbres, est un laboratoire dentaire qui bientôt remplacé par un restaurant-pizzeria :
grands champs 2008.jpg

 La rue de Tilleur et la place des Grands Champs vers 1930 :Place des Grands Champs 1930.jpg

 Le même endroit en novembre 2008 :grand champs_neige_2008.jpg

La rue de Tilleur au niveau de la place des Grands Champs, pendant la construction du restaurant-pizzeria Youyou, en octobre 2009 :youyou 2009.jpg

Sur la photo ci-dessous, prise en 1949, la flèche désigne la place des Grands Champs ; nous nous trouvons maintenant dans le tronçon qui descend vers Tilleur. Les maisons, à l'arrière-plan gauche, sont celles de la rue Likenne :rue de tilleur_saint-nicolas-1949(1).jpg

 Le même endroit en 2008, fortement urbanisé :rue de tilleur 2008(2).jpg

À l'embranchement avec la rue Baltus, au début du XXe siècle : rue de tilleur_saint-nicolas_debut XXe.jpg

Un siècle plus tard :
rue de tilleur 2008(3).jpg

De nos jours, vu l’urbanisation, il est impossible de voir ce panorama depuis la rue, comme en 1949 :
rue de tilleur terrils 1949.jpg

Il faut descendre la rue Baltus pour retrouver ce paysage (l'encadré rouge ci-dessous). Il y manque cependant le terril du charbonnage du Bonnet, assaini dès 1956 puis arasé :bonnet_saint-Nicolas_2015.jpg

Une autre photo de 1949 :rue de tilleur_saint-nicolas_1949.jpg

 Et sa correspondance en 2015 :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

L'embranchement avec la rue de la justice en 1949 (au sommet de laquelle se trouvait autrefois le gibet des Grands Champs de Saint-Gilles) :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

De nos jours :
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À partir du sens unique visible sur la photo ci-dessous, la rue de Tilleur devient la rue du Vieux Thier :
vieux thier_tilleur_2008.jpg

Le dernier tronçon du Vieux Thier est rustique et étroit (à l'horizon, on devine les installations métallurgiques de Seraing) :vieux thier_tilleur_2008(2).jpg

La croix ci-dessous, dissimulée dans la végétation du Vieux Thier, a un rapport avec l'histoire du gibet des Grands Champs, que vous pouvez lire en cliquant sur le lien fourni :croix_vieux_thier_tileur.jpg

Le Vieux Thier, dans la vallée à Tilleur, rejoint les rues Ferdinand Nicolay et Chiff d'or.

Avant 1977, Tilleur était une commune distincte ; on aperçoit, à droite, un morceau de la maison communale d'alors, aujourd'hui disparue :

À pîd dè Tier.jpg

L'ancienne maison communale, détruite en 1979, a été remplacée par l'école communale Chiff d'Or :
chiff d'or_tilleur_2008.jpg

Le document qui suit nous reporte en 1935. Cette parie de l'actuelle rue Ferdinand Nicolay s'appelle alors la rue du Horloz, du nom d'un ancien ruisseau. Le monument composé d'un socle en pierre taillée et d'un crucifix date de 1563 :horloz_tilleur_1935.jpg

 Le même endroit en 2008 :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008.jpg

Vu les transformations, le crucifix de 1563 a été déplacé un peu plus haut dans le Vieux Thier :
crucifix_vieux thier_tilleur_2008.jpg

La maison communale de Tilleur dans la première partie du XXe siècle, au pied du Vieux Thier, avec son monument aux morts 1914-18 :Ancienne maison communale de Tilleur.jpg

La même perspective de nos jours :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008(2).jpg

16:00 Écrit par Claude Warzée dans 04. La rue de Tilleur | Commentaires (3) |  Facebook |

04/01/2015

L'hôtel communal

La première maison communale de Saint-Nicolas se situe à l'angle des actuelles rues Malaise et Ferdinand Nicolay :
Maison communale fin XIXème siècle.jpg  Dès 1850, une école est installée à côté de cette maison communale ; elle est agrandie en 1880, à l'emplacement des buildings actuels de la rue Malaise* ; elle disparaîtra en 1912 au profit de nouveaux bâtiments scolaires dans la rue Tout-Va-Bien.
* Du nom d'une famille propriétaire de différentes bures (puits de charbonnages).

  Ci dessous, la rue Malaise en 2008 :
Rue Malaise.jpg

En 1902,commence le chantier d'un nouvel hôtel communal, que voici dans toute sa splendeur d'époque :
Hôtel communal 1902.jpg

   Cette bâtisse est détruite par un V1 en décembre 1944 :Hôtel communal 44-45.jpg

   Les services à la population sont installés dans divers locaux scolaires, mais le conseil communal envisage rapidement la construction d'un nouvel immeuble. Dès février 1945, l'architecte Crollaer est chargé d'établir un projet. 

  Les plans sont définitivement approuvés en 1949, et le chantier va durer de 1950 à 1954 :

construction maison communale saint-nicolas_1950b.jpgconstruction maison communale saint-nicolas_1950a.jpgmaison communale saint-nicolas_1954.jpg

Dans les années 1960, l'hôtel de ville se trouve au cœur d'un environnement champêtre (le clocher, à l'horizon, est celui de l'église Saint-Gilles) :
panorama saint-nicolas_annees 1960.jpg

Le quartier s'est fortement urbanisé dès la fin des années 1960 et au cours des années 1970 (la vue qui suit a été prise du haut de la rue du Mayeur, et le clocher, cette fois, est celui de l'église Saint-Nicolas) :
rue du mayeur_saint-nicolas_1970.jpg

Le même endroit de nos jours :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

L'hôtel communal au début des années 1970 :
maison communale_saint-nicolas_1970.jpg

L'hôtel communal dans son aspect actuel (après rénovation en 1990) :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

Ce vitrail, dans la cage d'escalier de l'hôtel communal, a été réalisé par le peintre-verrier Oscar Condez, selon un dessin de l'artiste Jean Müller (né à Montegnée en 1904 et décédé en 1977). Cette œuvre rappelle le passé houiller de la commune :
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Avant la fusion des communes votée en décembre 1975 et appliquée le 1er janvier 1977, Montegnée et Tilleur étaient des municipalités distinctes, chacune possédant sa propre maison communale.

Voici l'hôtel communal de Montegnée au tout début du XXe siècle, puis un siècle plus tard (devenu une annexe du siège principal de Saint-Nicolas) :
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Quant à la maison communale de Tilleur, que l'on voit vers 1910 sur la première vue ci-dessous, elle a été démolie en 1979 et remplacée par l'école du Pied du Thier : 
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15:25 Écrit par Claude Warzée dans 02. L'hôtel communal | Commentaires (4) |  Facebook |

03/01/2015

L'origine du nom de la commune : Saint-Nicolas

  Le nom de la commune provient d'une chapelle dédiée à saint Nicolas*, construite en 1147 dans une clairière du bois de Glain (la région est alors une épaisse forêt que l'on commence à défricher, et le mot « Glain » pourrait faire allusion aux glands des chênes).
* Consacrée le 22 juillet 1151 par l'évêque de Liège Henri de Leyen, cette chapelle devient un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Laurent, dont l'abbé est alors Wazelin II, grand admirateur de ce saint patron.

Reconstruit au début du XIIIe siècle, le sanctuaire est agrandi, mais cinq siècles plus tard, des transformations modifient et réduisent le corps d'église, tout en conservant le chœur roman d'origine.

Quand la principauté de Liége est annexée par la France en 1795, la chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain devient une annexe de l'église paroissiale de Saint-Gilles, puis est vendue en 1807. Elle finira transformée en grange.

Le chœur roman, délabré, sur un croquis de 1844  :Ruines 1844.jpg

Les ruines vers 1880 :
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Quand la paroisse Saint-Nicolas est créée en 1865, l'emplacement de la vieille chapelle n'en est plus le centre. Le projet de la restaurer, un moment envisagé, n'aboutit donc pas : une nouvelle église paroissiale sera construite dès 1874 (voir autre article consacré à ce lieu de culte).

 Examinez attentivement l'abside romane de la chapelle Saint-Nicolas sur les documents qui précèdent. Elle a servi de modèle pour celle de l'église Saint-Gilles, quand cette dernière a été modifiée et restaurée de 1891 à 1894 :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

La chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain sera démolie en 1906. La voici en 1904 ; l'étage a été abattu, et ce qui reste du chœur  a été couvert d'un toit bricolé pour servir de remise :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

  Cet édifice, s'il existait toujours, se trouverait à l'angle de la rue Saint-Nicolas et de la rue des Noyers (autre appellation qui rappelle le passé forestier de l'endroit). Voici cet endroit en octobre 2009, pendant la construction d'un immeuble à appartements avec rez-de-chaussée commercial :
Travaux oct_2009.jpg

Quelques photos d'avril 2008, avant le début de ces travaux :Rue des Noyers_ rue Saint-Nicolas 1.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 2.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 3.jpg
  Le terrain vague que l'on aperçoit de part et d'autre du pont Saint-Nicolas, c'est l'ancienne tranchée du chemin de fer Flémalle-Ans, voie ferrée qui desservait les charbonnages de la région.

La tranchée aujourd'hui désaffectée :Tranchée de l'ancien chemin de fer.jpg

  Le chemin de fer et le siège saint-clausien du charbonnage de l'Espérance au début des années 1970, avant leur démolition définitive :
Beur al djote.jpg
  Sur cette photo de septembre 2008, montrant les fondations du nouvel immeuble, on aperçoit toujours l'arcade de l'ancien pont Saint-Nicolas :
pont SN.jpg


Cliquez ICI pour davantage de renseignements sur la Société des charbonnages de l'Espérance et Bonne Fortune.

15:35 Écrit par Claude Warzée dans 01. Les origines du nom de la commune | Commentaires (3) |  Facebook |