21/01/2015

BLOG EN COURS DE MODIFICATION

  Ce blog subit pour l'instant d'importantes modifications.

Les publications déjà transformées et complétées ont été redatées (2015), mais les commentaires des années précédentes ont été conservés.

  Veuillez m'excuser pour les désagréments encourus.

13:25 Écrit par Claude Warzée | Commentaires (0) |  Facebook |

Les charbonnages Gosson-Lagasse

Plan de 1938 (cliquez dessus pour l'agrandir) :
plan 1938.jpg

 Aux XVIe et XVIIe siècles déjà, on signale de petites bures dans les campagnes qui descendent du plateau du Homvent* vers Jemeppe. On les appelle le Gosson, l'Agace, le Petit Corbeau, Chantraine ou Murébure...

* L'origine du mot « Homvent » est incertaine, mais il pourrait s'agir d'une forme ancienne de
« humer le vent », cet endroit constituant un passage naturel du vent aspiré vers la vallée.
Le terme « gosson », à l'époque, désigne le conducteur d'un cheval chargé de sacs de charbon ; en wallon, pareil cheval se dit « chivâ d'gosson ».
« Agace » ou « Agasse » étaient des termes servant à désigner une pie.
L'appellation « Chantraine » pourrait provenir d'une déformation de l'expression wallonne
« è tchant'rinne » ( « chante raine », en rapport avec le coassement des grenouilles).
Une bure était un puits de mine ; certains de ces puits étaient renforcés d'un revêtement en briques, d'où l'expression « Murébure ».

La fosse du Gosson, située près du Lameau*, est abandonnée depuis des décennies quand elle est remise en activité en 1791 et équipée d'une machine à vapeur.

*Graphie de Lamay au XVIIIe siècle. En ancien wallon, le mot « Lamê » désignait un tribart, le triangle en bois que l'on mettait au cou d'un animal pour l'empêcher de traverser les haies. L'endroit, autrefois, était-il connu pour son bétail ainsi équipé, ou le terrain avait-il tout simplement la forme d'un triangle ? Le lieu-dit a aussi donné naissance à un nom de famille dès le XVIe siècle.

La houillère du Gosson en 1796 :bure gosson_1796.jpg

Dans le début du XIXème siècle, la société charbonnière absorbe les bures environnantes et étend ses concessions sous Grâce, Hollogne et Jemeppe. Elle adopte le nom de Gosson-Lagasse* et devient une entreprise très importante.

* Le puits originel du Gosson a fini par être condamné au profit de celui de L'Agace — à remarquer le changement d'orthographe.


En 1877, on cite deux sites d'exploitation : le Gosson n°1 et le Gosson n°2, le premier au sommet et le second au bas de l'actuelle rue Lamay.

La photo qui suit, datant de 1949, est la rue Pavé du Gosson qui mène au siège n°1 du Gosson :

rue pave du gosson montegnee 1930.jpg

La rue Pavé du Gosson est un tronçon de la « pavèye dè gosson », un ancien chemin de la fin du XVIIIe siècle aménagé et pavé aux frais de la houillère pour être en communication avec la chaussée de Montegnée. La voici en 2008 :rue pave du gosson montegnee 2008.jpg

 Le Gosson n°1 en 1915 et 1920 :gosson 1_1915.jpggosson 1_ateliers_1920.jpg

En 1935 :
gosson_1 1935.jpg

L'entrée principale du Gosson n°1 en 1937, rue Murébure, à l'extrémité de la rue Pavé du Gosson :
gosson 1_entree 1937.jpg

La même entrée de nos jours :Ex-Gosson n°1.jpg

Le site du Gosson n°1 actuellement :Le site de l'ancien Gosson n°1.jpg

Le charbonnage en pleine activité avant sa fermeture en 1959 :gosson 1 montegnee.jpg

 Voici maintenant le siège du Gosson n°2 au temps de sa splendeur, vu depuis son propre terril (le terril marqué « T » et la belle-fleur cerclée de rouge appartiennent au siège du Gosson n°1) :
gosson 2 montegnee.jpg

Le bas de la rue Lamay dans la seconde partie des années 1930 :rue lamay debut XXe.jpg

Le même endroit en 2008, pendant la restauration du vieux lavoir, seul vestige architectural de la houillère :rue lamay 2008.jpg

Le siège du Gosson n°2 au milieu des années 1960, vu depuis le côté de la rue Chantraine (son terril est sur la droite de la photo, celui de gauche appartenant à l'ex-Gosson n°1, fermé depuis 1959) :
gosson 2_1966.jpg

 Le terril du Gosson n°2 en hiver, du côté de la rue Xhavée :terril gosson 2_1966.jpg

 Les installations du Gosson n°2 avant la fermeture en 1966 :gosson 2 avant 1966.jpg

La désolation en août 1967 :gosson 2-1967.jpg

 La photo qui suit a été prise en septembre 2008, pendant l'aménagement du site de la Maison des Terrils. Les installations charbonnières des deux vues précédentes se trouvaient là où travaille la pelleteuse :chantier maison des terrils 2008.jpg

Dès 2007, le site désaffecté du Gosson 2 a été réaménagé dans le cadre du projet Interreg III de la Route des Terrils, projet qui vise à restaurer les sites charbonniers pour les rendre accessibles aux promeneurs et à y promouvoir un tourisme doux, en harmonie avec la biodiversité du paysage.

Le vieux lavoir du Gosson 2, un des rares témoins de l'exploitation minière sur le territoire de la commune, est devenu le centre d'accueil d'un parc pédagogique à la fois historique et environnemental.

Le chantier en mai 2008 :chantier maison des terrils 2008(2).jpg

Cliquez ICI pour un autre article sur le sujet.

13:25 Écrit par Claude Warzée dans 11. Les charbonnages du Gosson | Commentaires (4) |  Facebook |

18/01/2015

Le site du Bonnet, de la houillère à la plaine des sports

Ce plan de Rouck permet de situer le site du Bonnet (la flèche) tel qu'il se présentait à l'aube du XXe siècle, avec les vestiges du charbonnage et de son terril :carte de rouck annees 1960.jpg
 

L'exploitation de la houille est déjà signalée au Bonnet dès le XVe siècle, mais c'est au milieu du XIXe que Joseph-Frédéric Braconier, maître de fosses et bourgmestre de Tilleur, obtient l'autorisation de remettre une ancienne bure en activité, puis développe sur ce site un charbonnage de grande importance.

 Vue générale du charbonnage du Bonnet vers 1910 :charbonnage bonnet_saint-nicolas_1910.jpg

 Le charbonnage du Bonnet en 1928 (à l'horizon, le château d'eau du Bois d'Avroy et les belles-fleurs du siège Piron du charbonnage de La Haye) :
charbonnage du bonnet 1928.jpg

Le site du Bonnet en 2008, avec une partie de la plaine des sports :site bonnet_saint-nicolas_2008.jpg

La rue Grimbérieux (patronyme d'une famille importante dans la région), au pied du terril du Bonnet en 1948 :
rue grimberieux_saint-nicolas_1948.jpg

Au début du XXe siècle, depuis le terril du Bonnet, on a une vue unique sur des alentours très champêtres :
terril bonnet_saint-nicolas_debut XXe.jpg

 La houillère du Bonnet cesse ses activités en 1930. Les puits sont comblés en 1934, et la cheminée est détruite en 1935 :destruction cheminee bonnet 1935.jpg

Des terrains de football se trouvent aujourd'hui à l'emplacement de l'ancienne houillère. À côté du bloc de pierre de droite, sur la vue qui suit, une dalle rappelle rappelle l'existence à cet endroit du puits n°1 (628 mètres de profondeur) :site du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Les installations du charbonnage du Bonnet sont démantelées, mais au lendemain de la seconde guerre mondiale, on aménage sur ce terrain un camp de baraquements pour loger les mineurs immigrés (italiens et polonais) qui travaillent dans le charbonnage du Gosson tout proche. La photo nous reporte vers 1950 (la rue à l'avant-plan est la rue du Bonnet) :
baraquements bonnet_saint-nicolas_1952.jpg

Les baraquements rudimentaires en forme de demi-tonneaux :baraquements bonnet.jpg

Une messe à la chapelle du camp, en 1949 :chapelle_camp du bonnet_1949.jpg

Je laisse ici la parole à Monsieur Mario Da Deppo, qui a connu ce camp et qui m'a aimablement envoyé ce message :

« C'est avec beaucoup de plaisir que je vous raconte cette anecdote qui a marqué de très nombreuses personnes à Saint-Nicolas et dans les environs.

Je suis arrivé au Bonnet lorsque j'avais 5 ans, et le terril était un merveilleux terrain de jeux. Au sommet, il y avait une croix, une grande croix en mauvais état, plantée là depuis je ne sais combien d'années.

Nous montions au sommet du terril et puis... au sommet de la croix...et bien assis sur une de ses deux branches, nous avions une vue unique vers la vallée. Bien que cela ne remplaçait évidemment pas mes Dolomites natales !

La croix, vu son grand âge, s'est un jour effondrée. Nous sommes restés quelque temps sans notre jeu préféré. Plus tard, sous la conduite de Don Bruno, l'aumônier italien, et à l'initiative de je ne sais qui, il a été décidé de planter une nouvelle croix sur le terril.

C'est par une belle soirée d'été que la nouvelle croix a été montée au sommet. Une nouvelle croix faite de deux troncs de sapins énormes, qu'il a fallu hisser avec peine. Toutes les communautés y ont participé, il devait y avoir plus d'un millier de personnes à cette manifestation ! Une manifestation comme on ne connaît plus de nos jours. Dans le noir, la foule éclairée par quelques cierges, avec la nouvelle croix en tête, couchée et portée par une centaine d'hommes costauds !

La foule rassemblée au sommet était si nombreuse que l'on se serait cru place Saint-Lambert. Soirée mémorable s'il en est, pour des enfants qui courraient dans tous les sens en montant sur leur terril ! Nous avions enfin retrouvé notre plaine de jeux avec son exceptionnelle attraction »

 *  *  *  *  *

Le site du Bonnet en 1949, 1953 et de nos jours :bonnet_saint-nicolas_1949(1).jpgbonnet champ d'ébats_saint-nicolas_1953.jpgplaine sports bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Ci dessous, une photo prise depuis le haut de la rue du Bonnet en 1949. Sous le viaduc à gauche de l'église Saint-Nicolas, passe une voie ferrée reliant les charbonnages de la région :
rue du bonnet_saint-nicolas_1949.jpg

 De nos jours, vu l'urbanisation des lieux, il faut descendre plus bas dans la rue pour découvrir un paysage semblable :église saint-nicolas_2015.jpg

C'est à ce niveau que la chemin de fer charbonnier traversait autrefois la rue du Bonnet :rue du bonnet_saint-nicolas_2015(2).jpg

 Sur cette photo de la rue du Bonnet en 1970, on devine, à la hauteur du piéton, l'ancienne tranchée du chemin de fer qui traversait la chaussée à cet endroit :rue du bonnet_saint-nicolas_1970(2).jpg

De nos jours (la flèche verte indique maintenant le début d'un ravel) :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 La rue du Bonnet est un cul-de-sac qui se termine aux grilles de l'actuelle plaine des sports :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015(3).jpg

Voici le même endroit en 1970. À l'emplacement de la double flèche sur la photo précédente, subsistent des dépendances de l'ancien charbonnage, utilisées comme logements :
rue du bonnet_saint-nicolas_1970.jpg

Ces bâtiments, on les retrouve sur la gauche de la photo ci-dessous (1953), avec face à eux des installations sportives créées en 1950 sous l'appellation « champ d'ébats du Bonnet » :
champt d'ebats_bonnet_1953.jpg

Ce « champ d'ébats » célèbre son dixième anniversaire en organisant de nombreuses manifestations sportives, puis décline à la suite d'un changement de direction et de la morosité économique engendrée par la fermeture progressive des charbonnages.

Resté longtemps à l'abandon, le site du Bonnet est complètement assaini de 1980 à 90, et les autorités communales veillent, depuis le début du XXIe siècle, à le dédier à nouveau aux sports et aux loisirs (rappelons que le ravel, qu'on aperçoit sur la droite, est l'ancienne voie ferrée) :
site du bonnet_saint-nicolas_2008.jpg


Et le terril ?

 Les deux photos qui suivent datent de la fin des années 1950, pendant l'exploitation commerciale du terril du Bonnet (exploité à la manière d'une carrière de matériaux) :terril_bonnet_saint-nicolas_1957.jpgterril_bonnet_saint-nicolas_1957(2).jpg

 Le terril arasé en 1970, en partie recouvert de chaux à cause des émanations de gaz :terril_bonnet_1970.jpg

L'emplacement de l'ancien terril (des crasseux s'imaginant peut-être qu'il s'agit toujours d'un crassier) :
terril bonnet_2015.jpg

 
Quelques photos du centre sportif actuel :

site du bonnet_saint-nicolas_1.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_2.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_3.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_4.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_5.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_6.jpg

16:55 Écrit par Claude Warzée dans 08. Le site du Bonnet | Commentaires (2) |  Facebook |

11/01/2015

La rue de Tilleur

La rue porte officiellement ce nom depuis 1877 ; elle est ainsi appelée parce qu'elle conduit vers la localité de Tilleur, laquelle devrait son nom aux tilleuls qui abondaient autrefois sur son territoire.

Le « thier de Tilleur »*, comme on disait jadis, est déjà cité au XIVe siècle, et c'est au milieu du XVIIIe que ce chemin est élargi et pavé, tout comme celui de Saint-Laurent à Saint-Gilles (l'actuelle rue Saint-Laurent). Ces voiries constituent alors, au départ de Liège, le premier tronçon de la route de France, route qui mène vers le sud via Seraing, Huy et le Condroz. De Tilleur à Seraing, c'est un bac** qui permet de traverser la Meuse.

* Le tronçon qui prolonge la rue de Tilleur vers la vallée s'appelle d'ailleurs toujours la rue du Vieux Thier.

** Un passage d'eau surnommé le « bac du prince », établi à l'époque du prince-évêque Georges Louis de Berghes pour permettre aussi la traversée des chariots et chaises à porteurs.


Situons les lieux sur cet extrait de la carte Ferraris (carte des Pays-Bas autrichiens réalisée par le comte Joseph de Ferraris dans les années 1770). Cliquez dessus pour l'agrandir :
carte ferraris.jpg
1 : la rue Saint-Laurent  /  2 : la rue Saint-Gilles  /  3
: La rue de Tilleur à la hauteur de l'abba
ye de Saint-Gilles (il n'en subsiste qu'une église romane modifiée au cours des siècles)  /  4 : les Grands Champs de Saint-Gilles  /
5 : la rue du Vieux Thier  /  6 : le bac du Prince
à Tilleur.    

 

La photo suivante est la carte postale ancienne qui circule le plus souvent sur Internet à propos de la rue de Tilleur. Elle porte souvent l'inscription manuscrite « 1905 » (que j'ai effacée), inscription erronée car Théodore Gobert situe en 1914 l'adjudication des travaux de construction du mur à gradins qui clôture le cimetière de Saint-Gilles :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_liege_debut XXe.jpg
Toujours à propos de la carte postale ci-dessus : les cheminées, dans le fond, sont celles du dépôt des tramways vicinaux de la rue Saint-Nicolas. Cette station possède en effet sa propre unité de production d’électricité.

Voici la même perspective en 2006 (à l'emplacement du glacier d'antan, le bâtiment a appartenu longtemps à l'atelier protégé Jean Delcour ; il est maintenant une annexe de la mosquée contestée du n° 140) :

rue de tilleur_saint-gilles_2006.jpg

Sur la gauche, on aperçoit la rue de Tilleur longeant le cimetière de Saint-Gilles :
Cimetière 2008.jpg


Découvrons la rue de Tilleur tronçon par tronçon. La flèche, sur la photo ci-dessous, en présente l'entrée, à la fin de la rue Saint-Gilles, dont on voit ci-dessous le dernier tronçon en 2006, pendant la construction de la résidence Deltour :rue saint-gilles-plateau-liege-2006.jpg

 Le début de la rue de Tilleur en 1938 :rue de tilleur_saint-gilles_liege_1938.jpg

En 1946 (commémoration du 11 novembre) :rue de tilleur_saint-gilles_liege_11 nov 1946.jpg

 De nos jours :
rue de tilleur_saint-gilles_liege-2008.jpg

 Comme la rue Saint-Gilles qu'elle prolonge, la première partie de la rue de Tilleur est fort commerçante :
rue de tilleur_saint-nicolas liege-2006.jpg

 La photo qui suit a été prise en septembre 1976, pendant la fête du quartier, associée aux commémorations religieuses en l'honneur de saint Gilles, le patron de la paroisse :rue de tilleur_saint-gilles_cortege 1967.jpg

La rue de Tilleur (dans l'axe de la flèche sur la vue aérienne ci-dessous) est proche de l'église dédiée à saint Gilles. À la fin des années 1970, la fête du quartier attire toujours les forains :
fete foraine_saint-gilles_liege_1979.jpg

Actuellement, il n'y a plus la moindre attraction, et même la baraque à croustillons et lacquemants (orthographe d'origine, due en 1903 à Désiré de Lille) a laissé place à une petite roulotte. Voici que ce qui subsistait de la fête foraine en 2008 :fete foraine_saint-gilles_liege-2008.jpg
Photographiée depuis la rue de Tilleur, la voirie que l'on voit sur la photo ci-dessus est la cour Saint-Gilles. Après les maisons de gauche, se trouve l'église romane Saint-Gilles :
eglise saint-gilles_liege_2008.jpg

La cour Saint-Gilles porte cette appellation pour rappeler le préau d'une abbaye existant là autrefois. Quelques bâtiments de cette ancienne abbaye bénédictine existaient encore dans la première moitié du XXe siècle, comme en témoigne cette vue qui nous reporte vers 1920 (ils étaient occupés par des religieuses de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur, originaires de France) :cour saint-gilles_liege_1920.jpg

Dans l'autre sens en 1966. La photo, cette fois, est prise depuis la cour Saint-Gilles en direction de la rue de Tilleur et de la rue Courte :rue de tilleur_rue courte_saint-gilles_1966.jpg

En avril 2013 :
rue de tilleur_saint-gilles_liege_2013.jpg

Au rez-de-chaussée de la résidence Virginie, en construction sur la vue ci-dessus, on a établi un nouveau bureau de poste. Il faut dire que le précédent a été détruit par un incendie en décembre 2001 :incendie 2001.jpg

De son début jusqu'aux Grands Champs, la rue de Tilleur délimite les communes de Saint-Nicolas et de Liège. Le cimetière Saint-Gilles (à gauche), est situé en territoire liégeois :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_2008.jpg
C'est en 1817 que la Fabrique d'église de Saint-Gilles achète ce terrain pour en faire un cimetière paroissial. Le lieu de sépulture est agrandi à diverses reprises dans la seconde moitié du XIXe siècle, et son entrée est fixée cour Saint-Gilles en 1904.

Au départ, les besoins funéraires ne nécessitent pas toute l'étendue du terrain acquis, et les autorités paroissiales autorisent la commune de Saint-Nicolas à installer sa première école primaire sur une partie de leur bien. À la suite des travaux d'agrandissement du cimetière en 1894-99, cette école saint-clausienne devra abandonner sa localisation liégeoise, ce qu'elle fera définitivement en 1900 pour être intégrée dans le groupe scolaire du quartier Tout-Va-Bien.

 

La rue de Tilleur traverse la place des Grands Champs avant de se prolonger vers la vallée mosane (l'immeuble blanc, derrière les arbres, est un laboratoire dentaire qui bientôt remplacé par un restaurant-pizzeria :
grands champs 2008.jpg

 La rue de Tilleur et la place des Grands Champs vers 1930 :Place des Grands Champs 1930.jpg

 Le même endroit en novembre 2008 :grand champs_neige_2008.jpg

La rue de Tilleur au niveau de la place des Grands Champs, pendant la construction du restaurant-pizzeria Youyou, en octobre 2009 :youyou 2009.jpg

Sur la photo ci-dessous, prise en 1949, la flèche désigne la place des Grands Champs ; nous nous trouvons maintenant dans le tronçon qui descend vers Tilleur. Les maisons, à l'arrière-plan gauche, sont celles de la rue Likenne :rue de tilleur_saint-nicolas-1949(1).jpg

 Le même endroit en 2008, fortement urbanisé :rue de tilleur 2008(2).jpg

À l'embranchement avec la rue Baltus, au début du XXe siècle : rue de tilleur_saint-nicolas_debut XXe.jpg

Un siècle plus tard :
rue de tilleur 2008(3).jpg

De nos jours, vu l’urbanisation, il est impossible de voir ce panorama depuis la rue, comme en 1949 :
rue de tilleur terrils 1949.jpg

Il faut descendre la rue Baltus pour retrouver ce paysage (l'encadré rouge ci-dessous). Il y manque cependant le terril du charbonnage du Bonnet, assaini dès 1956 puis arasé :bonnet_saint-Nicolas_2015.jpg

Une autre photo de 1949 :rue de tilleur_saint-nicolas_1949.jpg

 Et sa correspondance en 2015 :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

L'embranchement avec la rue de la justice en 1949 (au sommet de laquelle se trouvait autrefois le gibet des Grands Champs de Saint-Gilles) :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

De nos jours :
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À partir du sens unique visible sur la photo ci-dessous, la rue de Tilleur devient la rue du Vieux Thier :
vieux thier_tilleur_2008.jpg

Le dernier tronçon du Vieux Thier est rustique et étroit (à l'horizon, on devine les installations métallurgiques de Seraing) :vieux thier_tilleur_2008(2).jpg

La croix ci-dessous, dissimulée dans la végétation du Vieux Thier, a un rapport avec l'histoire du gibet des Grands Champs, que vous pouvez lire en cliquant sur le lien fourni :croix_vieux_thier_tileur.jpg

Le Vieux Thier, dans la vallée à Tilleur, rejoint les rues Ferdinand Nicolay et Chiff d'or.

Avant 1977, Tilleur était une commune distincte ; on aperçoit, à droite, un morceau de la maison communale d'alors, aujourd'hui disparue :

À pîd dè Tier.jpg

L'ancienne maison communale, détruite en 1979, a été remplacée par l'école communale Chiff d'Or :
chiff d'or_tilleur_2008.jpg

Le document qui suit nous reporte en 1935. Cette parie de l'actuelle rue Ferdinand Nicolay s'appelle alors la rue du Horloz, du nom d'un ancien ruisseau. Le monument composé d'un socle en pierre taillée et d'un crucifix date de 1563 :horloz_tilleur_1935.jpg

 Le même endroit en 2008 :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008.jpg

Vu les transformations, le crucifix de 1563 a été déplacé un peu plus haut dans le Vieux Thier :
crucifix_vieux thier_tilleur_2008.jpg

La maison communale de Tilleur dans la première partie du XXe siècle, au pied du Vieux Thier, avec son monument aux morts 1914-18 :Ancienne maison communale de Tilleur.jpg

La même perspective de nos jours :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008(2).jpg

16:00 Écrit par Claude Warzée dans 04. La rue de Tilleur | Commentaires (3) |  Facebook |

08/01/2015

Les Grands Champs

La place des Grands Champs en 1930 et 2008. Dans le fond, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Gilles, édifice roman dont les origines remontent au XIIe siècle.
Place des Grands Champs 1930.jpgPlace des Grands Champs 2008.jpg

 Il y avait autrefois, dans les « grands champs » de Saint-Gilles, un gibet servant à pendre les malfaiteurs qui n'étaient pas citoyens liégeois, ceux-ci ayant le « privilège » d'être exécutés place du Marché. Mais ce n'était pas sur la place montrée ci-dessus que se trouvait ce lieu de supplice, mais du côté de la rue de la Justice. Cliquez ICI pour accéder à un article consacré à ce sujet dans mon autre blog « Histoires de Liège ».

La rue de Tilleur et la place des Grands Champs constituent la frontière entre les communes de Liège et Saint-Nicolas. Cette photo montre le côté saint-clausien de la place :
Place des Grands Champs SN.jpg

La rue des Grands Champs en 1954, vue depuis l'entrée de la rue Piron, où s'engage la voiture :
Rue des Grands Champs 1954.jpg

Dans l'autre sens en 2008, vue depuis la place des Grands Champs :Rue des Grands Champs 2008.jpg

15:30 Écrit par Claude Warzée dans 03. Les Grands Champs | Commentaires (2) |  Facebook |

04/01/2015

L'hôtel communal

La première maison communale de Saint-Nicolas se situe à l'angle des actuelles rues Malaise et Ferdinand Nicolay :
Maison communale fin XIXème siècle.jpg  Dès 1850, une école est installée à côté de cette maison communale ; elle est agrandie en 1880, à l'emplacement des buildings actuels de la rue Malaise* ; elle disparaîtra en 1912 au profit de nouveaux bâtiments scolaires dans la rue Tout-Va-Bien.
* Du nom d'une famille propriétaire de différentes bures (puits de charbonnages).

  Ci dessous, la rue Malaise en 2008 :
Rue Malaise.jpg

En 1902,commence le chantier d'un nouvel hôtel communal, que voici dans toute sa splendeur d'époque :
Hôtel communal 1902.jpg

   Cette bâtisse est détruite par un V1 en décembre 1944 :Hôtel communal 44-45.jpg

   Les services à la population sont installés dans divers locaux scolaires, mais le conseil communal envisage rapidement la construction d'un nouvel immeuble. Dès février 1945, l'architecte Crollaer est chargé d'établir un projet. 

  Les plans sont définitivement approuvés en 1949, et le chantier va durer de 1950 à 1954 :

construction maison communale saint-nicolas_1950b.jpgconstruction maison communale saint-nicolas_1950a.jpgmaison communale saint-nicolas_1954.jpg

Dans les années 1960, l'hôtel de ville se trouve au cœur d'un environnement champêtre (le clocher, à l'horizon, est celui de l'église Saint-Gilles) :
panorama saint-nicolas_annees 1960.jpg

Le quartier s'est fortement urbanisé dès la fin des années 1960 et au cours des années 1970 (la vue qui suit a été prise du haut de la rue du Mayeur, et le clocher, cette fois, est celui de l'église Saint-Nicolas) :
rue du mayeur_saint-nicolas_1970.jpg

Le même endroit de nos jours :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

L'hôtel communal au début des années 1970 :
maison communale_saint-nicolas_1970.jpg

L'hôtel communal dans son aspect actuel (après rénovation en 1990) :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

Ce vitrail, dans la cage d'escalier de l'hôtel communal, a été réalisé par le peintre-verrier Oscar Condez, selon un dessin de l'artiste Jean Müller (né à Montegnée en 1904 et décédé en 1977). Cette œuvre rappelle le passé houiller de la commune :
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Avant la fusion des communes votée en décembre 1975 et appliquée le 1er janvier 1977, Montegnée et Tilleur étaient des municipalités distinctes, chacune possédant sa propre maison communale.

Voici l'hôtel communal de Montegnée au tout début du XXe siècle, puis un siècle plus tard (devenu une annexe du siège principal de Saint-Nicolas) :
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Quant à la maison communale de Tilleur, que l'on voit vers 1910 sur la première vue ci-dessous, elle a été démolie en 1979 et remplacée par l'école du Pied du Thier : 
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15:25 Écrit par Claude Warzée dans 02. L'hôtel communal | Commentaires (4) |  Facebook |

03/01/2015

L'origine du nom de la commune : Saint-Nicolas

  Le nom de la commune provient d'une chapelle dédiée à saint Nicolas*, construite en 1147 dans une clairière du bois de Glain (la région est alors une épaisse forêt que l'on commence à défricher, et le mot « Glain » pourrait faire allusion aux glands des chênes).
* Consacrée le 22 juillet 1151 par l'évêque de Liège Henri de Leyen, cette chapelle devient un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Laurent, dont l'abbé est alors Wazelin II, grand admirateur de ce saint patron.

Reconstruit au début du XIIIe siècle, le sanctuaire est agrandi, mais cinq siècles plus tard, des transformations modifient et réduisent le corps d'église, tout en conservant le chœur roman d'origine.

Quand la principauté de Liége est annexée par la France en 1795, la chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain devient une annexe de l'église paroissiale de Saint-Gilles, puis est vendue en 1807. Elle finira transformée en grange.

Le chœur roman, délabré, sur un croquis de 1844  :Ruines 1844.jpg

Les ruines vers 1880 :
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Quand la paroisse Saint-Nicolas est créée en 1865, l'emplacement de la vieille chapelle n'en est plus le centre. Le projet de la restaurer, un moment envisagé, n'aboutit donc pas : une nouvelle église paroissiale sera construite dès 1874 (voir autre article consacré à ce lieu de culte).

 Examinez attentivement l'abside romane de la chapelle Saint-Nicolas sur les documents qui précèdent. Elle a servi de modèle pour celle de l'église Saint-Gilles, quand cette dernière a été modifiée et restaurée de 1891 à 1894 :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

La chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain sera démolie en 1906. La voici en 1904 ; l'étage a été abattu, et ce qui reste du chœur  a été couvert d'un toit bricolé pour servir de remise :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

  Cet édifice, s'il existait toujours, se trouverait à l'angle de la rue Saint-Nicolas et de la rue des Noyers (autre appellation qui rappelle le passé forestier de l'endroit). Voici cet endroit en octobre 2009, pendant la construction d'un immeuble à appartements avec rez-de-chaussée commercial :
Travaux oct_2009.jpg

Quelques photos d'avril 2008, avant le début de ces travaux :Rue des Noyers_ rue Saint-Nicolas 1.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 2.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 3.jpg
  Le terrain vague que l'on aperçoit de part et d'autre du pont Saint-Nicolas, c'est l'ancienne tranchée du chemin de fer Flémalle-Ans, voie ferrée qui desservait les charbonnages de la région.

La tranchée aujourd'hui désaffectée :Tranchée de l'ancien chemin de fer.jpg

  Le chemin de fer et le siège saint-clausien du charbonnage de l'Espérance au début des années 1970, avant leur démolition définitive :
Beur al djote.jpg
  Sur cette photo de septembre 2008, montrant les fondations du nouvel immeuble, on aperçoit toujours l'arcade de l'ancien pont Saint-Nicolas :
pont SN.jpg


Cliquez ICI pour davantage de renseignements sur la Société des charbonnages de l'Espérance et Bonne Fortune.

15:35 Écrit par Claude Warzée dans 01. Les origines du nom de la commune | Commentaires (3) |  Facebook |