15/01/2016

Le lieu-dit des six ruelles, le carrefour au pied de la rue Bordelais

La vue aérienne qui suit a été obtenue grâce à Bing Maps (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre) :
Vue aérienne Live Search Maps.jpg
Des six ruelles d'antan, il n'en reste que cinq, et certaines sont devenues des voies de circulation fort fréquentées :

1 : la rue Bordelais / 2 : la rue du Coq / 3 et 4 : la rue Chiff d'Or / 5 : la rue de la Station / FF : la place Francisco Ferrer / VT : le Vieux Thier / FN : la rue Ferdinand Nicolay.

* * * * *

La rue Bordelais (petit bordeau) tirerait son nom des vignobles qui couvraient autrefois les pentes du coteau (c'est en tout cas l'explication la plus répandue). Princes-évêques de Liège, abbés de Saint-Gilles, moines du couvent des Guillemins, grands propriétaires terriens (comme par exemple la famille Grimbérieux), cultivaient la vigne sur les flancs des collines exposées au sud. Dans les environs, d'autres lieux-dits rappellent la viticulture et ses cépages : le Petit Bourgogne (Cointe), la Côte d'or, la Chyvre d'Or, Sous les vignes etc...

Chiff d'Or (Chievre d'Or, Chyvre d'Or > Chèvre d'Or) est l'appellation d'un vignoble déjà cité au XIVe siècle. Dans la rue qui porte aujourd'hui ce nom, on peut admirer la Torette, une magnifique bâtisse dont les origines remontent au XVIIe siècle :plaque saint-nicolas tilleur.jpg

La Torette doit son nom de sa tour carrée ; construite en 1632 sur un bâtiment existant, elle doit son aspect typique, avec son espèce de clocher bulbeux, aux frères Guillemins (ou Guillemites), désireux de disposer d'une maison de repos près des vignobles leur appartenant.

La Torette vers 1905 (année de l'Exposition universelle de Liège) :La Torette vers 1905.jpg

Lors de cette prestigieuse manifestation internationale, la « Maison de Tilleur », inspirée par la Torette, a fait partie du Vieux-Liége, zone près du pont de Fragnée où on avait reconstitué des exemples du patrimoine liégeois :
Le Vieux-Liége en 1905.jpg

À Tilleur comme ailleurs dans la région, les vignobles disparaissent dès le milieu du XIXe siècle pour faire place aux activités houillères et métallurgiques. La Torette se retrouve de plus en plus perdue dans un paysage de charbonnages et d'usines, avec des maisons ouvrières à proximité.

Le plan qui suit date de 1947 (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre). Le cercle rouge désigne l'emplacement de la Torette. La flèche montre l'entrée d'un tunnel de 1200 mètres creusé en 1860 par la houillère de La Haye pour acheminer le charbon de son siège d'extraction de Saint-Gilles vers les voies de chemin de fer de la vallée. En 1947, le tunnel n'est plus utilisé (le charbonnage a fermé en 1934), mais il a servi d'abri anti-aérien pendant la seconde guerre mondiale :plan 1947.jpg

En 1873, le charbonnage de La Haye a aussi installé une batterie de fours à coke le long du chemin de fer, et en 1908, c'est la S.A. Fours à Coke de Tilleur-Ougrée qui a démarré ses activités à proximité. En 1928, est créée la société S.A. Engrais et produits chimiques de la Meuse (Chimeuse). Cette nouvelle usine est construite dès 1930 sur un site rehaussé de 2 à 3 mètres dans le but de le protéger des crues de la Meuse. On utilise des déchets de charbonnage, des débris miniers et des déchets de l’industrie sidérurgique pour remblayer le terrain. Les anciens fours à coke sont en partie conservés. Certains resteront actifs jusqu’en 1950

En 1957, Chimeuse est absorbée par la société S.A. Ammoniaque synthétique et dérivés (ASED) qui poursuivra les activités jusqu’en 1961, année où elle procédera à l'arrêt des activités. Le site est désaffecté depuis 1961*.
* Tous les renseignements contenus dans les deux paragraphes qui précèdent proviennent du site de la SPAQuE (Société publique d'aide à la qualité de l'environnement).

Le site de Chimeuse à l'abandon dans les années 1960 (partie est, sur le territoire de Sclessin) :
chimeuse.jpg

Les vestiges de Chimeuse en 1966 ; ils seront définitivement démantelés en 1993 :chimeuse_1966.jpg

La rue Chiff d'Or et la Torette en 2007, avec à gauche, le site de Chimeuse en cours de dépollution :
rue chiff d'or tilleur_2007.jpg

C'est la société SPAQuE qui a assaini le site de 2007 à 2011. Le site a été retenu par le gouvernement wallon comme zone d'activités économiques prioritaire :depollution chimeuse tilleur.jpgsite chimeuse ouest assaini spaque.jpg

On appelle aussi rue Chiff d'Or le tronçon qui va de la rue Bordelais au Vieux Thier et à la rue Ferdinand Nicolay. Au XIXe siècle, il s'agissait de la ruelle du Crucifix, en référence au vieux Christ du XVIe siècle qui se trouvait au pied du Vieux Thier (voir cet autre article).

Le crucifix du Vieux Thier à l'aube du XXe siècle (à droite, on aperçoit un morceau de la maison communale construite en 1896) :crucifix vieux thier tilleur.jpg

Le même endroit de nos jours (le vieux crucifix existe toujours, déplacé plus haut dans le Vieux Thier) :
tilleur 2008.jpg

C'est à l'époque de la mise en service de la maison communale que la ruelle du Crucifix est rebaptisée rue Chiff d'Or, en prolongement de celle existant déjà.

La photo qui suit présente cette maison communale après 1921, année de l'inauguration devant son perron d'un monument aux morts de 1914-1918 (monument surnommé familièrement « la Madelon », œuvre de l'architecte Lutgens et du tailleur de pierre Dubois, tous deux enfants du pays) :maison commuinale tilleur apres 1921.jpg

La maison communale a été détruite en 1979, à la suite de la fusion des communes de 1977 qui a vu Saint-Nicolas absorber Tilleur. C'est une école qui s'élève aujourd'hui à cet emplacement. Déplacé au musée de la pierre de Sprimont, l'imposant monument aux morts a été remplacé par une stèle funéraire de moindre importance. Voici les lieux en 2008 :ecole pied du thier tilleur 2008.jpg

Revenons au pied de la rue Bordelais. À sa droite s'ouvre la rue du Coq, raidillon qui gravit aussi la colline vers les Grands Champs et le bois de Saint-Gilles :rue bordelais tilleur 2008.jpg
L'appellation « du Coq » n'a rien à voir avec un quelconque gallinacé ; il s'agit de l'altération orthographique, au fil des siècles, du nom de famille des « Lecocque », propriétaires terriens locaux au XVIIIe siècle.

La maison au pignon en escalier, on la retrouve sur cette photo de la place Ferrer au début du XXe siècle :

place ferrer tilleur debut XXe (1).jpg

Cette place s'est appelée un temps la place du Couvent, vu l'établissement des religieuses à l'origine de l'école maternelle et primaire Saint-Hubert. C'est en 1912 que le conseil communal, pour la première fois à majorité socialiste, a décidé de dédier le lieu à Francisco Ferrer, pour rendre hommage à ce pédagogue espagnol adepte de la libre pensée, favorable à l'éducation du peuple, et finalement fusillé en 1909 comme anarchiste.

La carte postale qui suit est intitulée « Place Ferrer, nouveau couvent ». Les Sœurs de la Charité avaient en fait ouvert une école pour filles dès 1851, mais leur bâtiment se trouvait initialement rue de Liège (devenue depuis la rue des Martyrs). C'est en 1911 que de nouveaux locaux leur ont été construits à l'emplacement actuel :couvent place ferrer tilleur.jpg
Document LÎ BON VÎ TIMPS

couvent place ferrer_tilleur_apres 1911.jpg
Sur la place Ferrer, existait « li rodje pompe » (la pompe rouge), pompe communale qui permettait aux riverains de se ravitailler en eau potable grâce au Horloz, ruisseau descendant de Saint-Nicolas (l'« eau du robinet » n'a été installée qu'en 1923). La pompe, sur ce document du début du XXe siècle, a été colorisée pour justifier l'appellation rougeâtre :
Rodje pompe.jpg

La vue ci-dessus est en réalité extraite de cette carte postale :place ferrer tilleur debut XXe (2).jpg

Le même endroit de nos jours :place ferrer tilleur 2008 (2).jpg

La place Ferrer dans l'autre sens, vue du pied de la rue Bordelais :place ferrer tilleur 2008.jpg

La place Ferrer se prolonge par la rue de la Station, avec ses anciennes maisons ouvrières :place ferrer et rue de la station_tilleur_2008.jpg

La rue de la Station vue dans l'autre sens, depuis la passerelle qui enjambe le chemin de fer :rue de la station_tilleur_2015.jpg

Auparavant, la rue de la Station s'appelait la ruelle de Liège ; elle continuait au-delà des voies ferrées grâce à un passage à niveau. Elle a pris son nom actuel à la fin du XIXe siècle, après les transformations nécessitées par l'implantation à cet endroit de la gare de Tilleur (voir autre article).

Voici la passerelle qui a remplacé, en 1879, le passage à niveau de la ruelle de Liège (rebaptisée rue de la Station) :passerelle gare tilleur debut XXe.jpg

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11:25 Écrit par Claude Warzée dans 17. Le lieu-dit des six ruelles | Commentaires (0) |  Facebook |

06/01/2016

La place Cri du Perron à Montegnée

Situons les lieux grâce à cette vue aérienne fournie par Bing Maps :Vue aérienne Live Search Maps.jpg
1 = la place Cri du Perron                2 = l'actuelle église Saint-Lambert

3 = la rue Paul Janson                  4 = la rue Thierbise
5 = la Maison du Peuple                6 = la rue Thiou
7 = La rue du Beffroi


Autrefois, le lieu était dit « au tiyou », expression wallonne signifiant « au tilleul ». C'est donc un arbre qui est à l'origine de ce nom, un arbre probablement plus beau et plus imposant que les autres, rescapé de l'antique forêt qui couvrait toute la région avant les défrichements des siècles passés.

La photo qui suit été prise au début du XXe siècle depuis le terril du Gosson n°1, de la rue Murébure :
terril gosson 1.jpg
À l'arrière-plan, on distingue le cœur historique du village de Montegnée*. C'est là, au Thiou (orthographe actuelle), que la population montagnarde** se développe initialement, profitant d'une source qu'on aménage en fontaine. À proximité, vers le Potay, la tour d'une ferme sert de beffroi en cas d'alarme (ce qui justifie l'appellation de l'une des rues du quartier).
* Montegnée était une municipalité distincte avant la fusion des communes de 1977.
** Les Montagnard(e)s sont les habitant(e)s de Montegnée.

Un sanctuaire desservi par un chapelain existe au Thiou dès 1315 ; incendié en 1636, il est reconstruit et subsiste jusqu'en 1873, date à laquelle on commence la construction d'une église néogothique (architecte Joseph Rémont), dédiée à Saint-Lambert :
eglise_montegnee.jpg

En 1908, le lieu-dit est officiellement dénommé place de l'Église (remarquez la pompe à eau alimentée par une source) :

place de l'eglise_montegnee_1910.jpg
Dans l'autre sens vers 1910 :
pompe place de l'eglise montegnee 1904.jpg

Après la première guerre mondiale, la place prend le nom du grand philanthrope Ferdinand Nicolay (la carte postale ci-dessous date de 1920) :place ferdinand nicolay montegnee vers 1920.jpg

 Voici la place Ferdinand Nicolay en 1940, À gauche, la Maison du Peuple a été inaugurée en 1932, avec salle de spectacles et de cinéma :maison du peuple montegnee 1940.jpg

La même vue en 2008. La façade de la Maison du Peuple est classée depuis 1974. Propriété de la commune de Saint-Nicolas, le bâtiment est mis à la disposition des groupements locaux :maison du peuple montegnee 2008.jpg

L'église Saint-Lambert en 1972 :
eglise saint-lambert_montegnee_1972.jpg

Déjà minée par l'âge et les dégâts miniers, l'église Saint-Lambert ne survivra pas au tremblement de terre de 1983. Toute rénovation s'avérant inutile, elle sera démolie dès 1984, puis remplacée par un édifice moderne à la mode du temps :place cri du perron_montegnee_2008.jpgeglise saint-lambert_montegnee_2008.jpg

À la suite de la fusion des communes effective dès le 1er janvier 1977, la place Ferdinand Nicolay est devenue la place du Cri du Perron. Le « cri du perron », sous l'Ancien Régime, était la proclamation en place publique, pour en avertir la population, des ordonnances, interdictions ou condamnations…


 La rue Paul Janson au début du XXe siècle (de 1875 à 1913, elle s'est appelée la rue Sous l'Église) :
rue paul janson montegnee 1904.jpgRue Paul Janson au début du XXème siècle.jpg

Cette voirie a été rebaptisée rue Paul Janson en 1913, à la mort de l'homme politique libéral proche des socialistes, réclamant comme eux le suffrage universel et davantage de droits pour les travailleurs.

La rue Paul Janson de nos jours (avec la présence de l'église plus discrète qu'autrefois) :

Rue Paul Janson en 2008.jpg

 

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12:10 Écrit par Claude Warzée dans 16. Place Cri du Perron (Montegnée) | Commentaires (4) |  Facebook |

05/12/2015

La rue Vinâve à Tilleur

Le mot « vinâve » (hérité du latin « vicinus ») est une expression typiquement régionale qui désignait au départ une agglomération de maisons, un quartier, un bourg ; par extension, il s'est appliqué à la rue la plus importante de ce quartier ou de ce bourg.

La rue Vinâve de Tilleur au début du XXe siècle :rue vinave_tilleur_autrefois.jpg

Et de nos jours :

rue vinave_tilleur_2008 (1).jpg

La rue Vinâve était donc autrefois l'artère la plus importante du village de Tilleur. Partie intégrante de la grand route reliant Liège et Huy, elle est représentée en rouge sur le plan ancien qui suit (cliquez dessus pour l"agrandir dans une nouvelle fenêtre) :
plan tilleur 1850.jpg

Nous voici à l’angle de la rue Vinâve et du quai du Halage, sur une carte postale écrite en 1906. Le quai de la Meuse développe ses activités portuaires grâce au charbonnage du Horloz tout proche. Remarquez le rivage donnant directement sur le fleuve, sans haute digue comme de nos jours :
rue vinave_tilleur_halage_1906.jpg

La haute digue visible sur la droite de la photo suivante fait partie des aménagements apportés au fleuve à la suite des inondations catastrophiques de l'hiver 1925-1926 :quai halage tilleur_google maps.jpg

 Voici le même endroit pendant ces fameuses crues :tilleur_inondation 1926_1.jpg

Et photographié en 2008 depuis le sommet de la digue :quai halage tilleur_2008 (1).jpg

La digue le long du quai du Halage à Tilleur :quai halage tilleur_2008 (2).jpg

À la fin du XIXe siècle et début du XXe, à l'époque de l'essor de la grande industrie et des charbonnages, la rue Vinâve est très commerçante. À droite, il s'agit de la boucherie charcuterie d'Étienne Kangiester, le fondateur en 1890 de la conserverie Viaka :
rue vinave_tilleur_debut XXe.jpg

Pendant les inondations du début janvier 1926 :
rue vinave_tilleur_inondation 1926.jpg

L'immeuble pointé d'une flèche, sur la vue ci-dessus, date du XIXe siècle et a servi autrefois de maison communale ; il est devenu la nouvelle école communale :
rue vinave_tilleur_2008 (2).jpg

Voici la rue Vinâve vers 1904. À droite, s'ouvre la rue de l'Arveau, ainsi appelée parce qu'elle menait autrefois à une ferme dont l'entrée était un « årvô » (mot wallon désignant un passage voûté) :
rue vinave_tilleur_houillere horloz.jpg

La vue ci-dessus a inspiré notre artiste local Tony Bergmans (dessin à la plume) :rue vinave_tilleur_tony bergmans.jpg

C'est à l'aube du XXe siècle que la rue de l'Arveau est prolongée en ligne droite jusqu'au rivage, où l'ancienne ferme a été remplacée par le chalet du débarcadère, café-terrasse établi à cette escale du bateau-mouche :chalet denoisieux_tilleur.jpg

Le même endroit de nos jours :quai halage tilleur_google maps (2).jpg

Retour à la rue Vinâve au début du XXe siècle, à l'approche de l'église Saint-Hubert et du charbonnage du Horloz (voir les articles consacrés à ces sujets) :rue vinve_tilleur_eglise st-hubert_tt debut XXe.jpgrue vinave_tilleur_horloz.jpg

Le même endroit de nos jours :rue vinave_tilleur_2008 (3).jpgrue vinave_tilleur_2015.jpg

La rue Vinâve d'antan vue cette fois depuis la place de l'Église :rue vinave_tilleur_avt station pompage.jpg

La station de pompage qu'on voit sur le document ci-dessous date de 1933 (architecte : Joseph Moutschen). Elle fait partie d'une série d'ouvrages érigés à la suite des inondations de 1925-26* :
* C'est en 1928 qu'est créée l'AIDE (Association intercommunale pour le démergement et l'épuration des communes de la province de Liège).
rue vinave_tilleur_station pompage.jpg

De nos jours :
commune de saint-nicolas,tilleur,histoire de tilleur,rue vinave,quai du halage,rue de l'arveau,digue de la meuse,demergement,conserverie viaka,tony bergmans,charbonnage du horloz,station pompage tilleur

La perspective de la rue en direction de Jemeppe, au début du XXe siècle. À gauche, la rue de l'Arveau :
rue vinave_tilleur_coin arveau_debut XXe.jpg

À l'arrière-plan, la digue de la Meuse vers 1937 :rue vinave_tilleur_milieu annees 1930.jpg

Le tram vert débouchant de la rue Vinâve au milieu des années 1930 :rue vinave_tilleur_avt 1937.jpg

Les deux photos qui suivant présentent l'angle de la rue Vinâve et du quai du Halage, la première au tout début du XXe siècle, la seconde au milieu des années 1930 :rue vinave_tilleur_angle quai 1.jpgrue vinave_tilleur_avt 1937 (2).jpg

La démolition de ce coin en octobre 1938 :Vinave_halage_tilleur_1938.jpg

La rue Vinâve perdra son importance au lendemain de la seconde guerre mondiale, quand le quai du Halage sera adapté en 1947 pour la remplacer comme axe routier principal.


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16:45 Écrit par Claude Warzée dans 15. La rue Vinâve | Commentaires (1) |  Facebook |

02/12/2015

La gare de Tilleur

La gare de Tilleur au début du XXe siècle :gare_tilleur_debut XXe.jpg

 La gare désaffectée et taguée en 2008 :gare_tilleur_2008.jpg

La gare de Tilleur se trouve sur la ligne ferroviaire 125 qui relie Liège et Namur, en orange sur ce plan :
lignes chemin de fer.jpg

Cette ligne a été créée en 1850 (Liège Val Benoît-Bouge) et agrandie en 1851 (Liège Guillemins-Namur).

Le plan qui suit ( cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre) nous reporte en 1850. La flèche désigne l'emplacement de la première gare de Tilleur, avant que celle-ci ne soit déplacée une trentaine d'années plus tard à l'endroit marqué d'une croix :
plan tilleur 1850.jpg
Plan dessiné par Tony Bergmans.

C'est en 1882 que la gare qu'on connaît a été construite. La ligne 125 est alors exploitée par la compagnie du Nord-Belge*, filiale de la compagnie française des Chemins de Fer du Nord. Les diverses stations bâties à cette époque se ressemblent, avec leur architecture d'inspiration française.
* La Nord-Belge sera nationalisée en 1940.

gare_tilleur_debut XXe (2).jpggare_tilleur_debut XXe (5).jpggare colorisée.jpggare_tilleur_debut XXe (3).jpg

Voici deux photos prises depuis la passerelle qui enjambe les voies ferrées, la première dans la première moitié du XXe siècle, la seconde actuellement. À remarquer, sur la première vue, la belle-fleur du charbonnage du Horloz et le clocher de l'ancienne église Saint-Hubert (démolie en 1989) :
gare charbonnage tilleur.jpggare_tilleur_2015.jpg

La rue de la Station en 2015 :rue de la station_tilleur_2015.jpg

La rue de la Station s'appelait autrefois la ruelle de Liège (voir plan de 1850 en début d'article) ; elle provenait du carrefour des « six ruelles » et continuait au-delà du chemin de fer grâce à un passage à niveau. Celui-ci est supprimé en 1879 et remplacé par une passerelle. En même temps, la rue est coudée au niveau de l'actuelle rue Lairesse*, puis prolongée en direction des actuelles rues des Rêwes** et Ferdinand Nicolay***. Elle prend le nom de rue de la Station puisqu'elle mène désormais à la gare.
* Du nom d'une famille locale.
** Anciennement rue des Rhieux. « Rêwe » et « rieu » signifiaient « ruisseau », en l’occurrence celui du Horloz aujourd'hui canalisé.
*** Ferdinand Nicolay, philanthrope, né à Stavelot en 1772 et décédé à Bruxelles en 1854. Si plusieurs établissements, rues et places publiques portent son nom, c'est dû au fait que cet homme d'affaires, sans descendance, consacra son immense fortune à des actes de bienfaisance.

La rue de la Station au début du XXe siècle. À gauche, on aperçoit la passerelle surplombant les voies ferrées :
place de la gare_tilleur_debut XXe.jpg

Le même endroit de nos jours :place de la gare_tilleur_2015.jpg

La gare de Tilleur que longe la rue de la Station, au début du XXe siècle :gare_tilleur_rue de la station (2).jpg

La rue de la Station, face à la gare, pendant les inondations de l'hiver 1925-1926 :inondations 1926 tilleur.jpg

La place d'Italie de nos jours, avec les anciennes maisons ouvrières rénovées :place d'italie_tilleur_2008 (2).jpg

Retournons dans la première partie du XXe siècle. En 1937, l'espace devant la gare est aménagé en petite place, que l'on appelle communément la place de la Gare, même si l'appellation officielle reste rue de la Station :gare_tilleur_debut XXe (4).jpg

 Le même endroit de nos jours :gare_tilleur_2008 (2).jpg

Fermée aux voyageurs depuis 1993, la gare de Tilleur finit par être murée et dégradée :gare_tilleur_train marchandises 2010.jpggare_tilleur_2008 (2).jpg

Dans le réaménagement récent des lieux, une zone a été réservée à l'arrêt de différentes lignes d'autobus :
gare des bus_tilleur_2008.jpg

La place de la Gare a été rebaptisée place d'Italie en septembre 2006, pour rendre hommage à l'importante communauté italienne vivant dans la commune. L'événement s'est déroulé en présence du chanteur Frédéric François, qui a passé sa jeunesse dans la localité :inauguration place d'italie Tilleur.jpg

En avril 2008, à nouveau en présence du chanteur, un olivier centenaire a été planté sur la place d'Italie pour lui conférer un peu d'apparence méditerranéenne :place d'italie_tilleur_2008.jpg

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11:30 Écrit par Claude Warzée dans 14. Gare de Tilleur | Commentaires (2) |  Facebook |

15/07/2015

L'église Saint-Hubert de Tilleur et ses environs

La vie de saint Hubert, bien entendu, mêle histoire et légende.

Hubert naît entre 656 et 658 en Aquitaine, probablement à Toulouse, au sein d'une famille aristocratique issue de la dynastie mérovingienne. Jeune seigneur, il réside souvent à la cour de son parent Pépin de Herstal. Il s'adonne aux plaisirs d'une vie mondaine et passe beaucoup de temps à traquer le gibier dans la forêt d'Ardenne.

saint hubert et le cerf.jpg

Lors d'une de ces parties de chasse, il ap
erçoit un cerf portant une un crucifix
lumineux entre ses bois ; il entend une voix qui lui ordonne de se convertir auprès
de l'évêque Lambert, du diocèse de Tongres-Maastricht.

Hubert obéit à l'apparition divine et décide de consacrer le reste de sa vie à la
religion. Il se retire à l'abbaye d'Andage, en Ardenne. Son exemple rayonne dans
toute la région et suscite d'innombrables conversions.

En 705, l'évêque Lambert est assassiné alors qu'il est de passage dans l'humble bourgade de Liège. Hubert est appelé à lui succéder à la tête du diocèse de Tongres-Maastricht, dont le siège finit par être déménagé à Liège (voir
autre article).

À sa mort en 727, Hubert est inhumé dans la collégiale Saint-Pierre qu'il a fondée
(voir
autre article
). Un siècle plus tard, sa dépouille sera transférée dans l'abbaye du village ardennais d’Andage, qui prendra le nom de Saint-Hubert.

 

En 816, l'évêque de Liège Walcaud cède les terres de Tilleur à l'abbaye d'Andage, en Ardenne, où les reliques de saint Hubert seront transférées en 825.

À cette époque, il existe à Tilleur, en bord de Meuse, un oratoire qui aurait abrité quelque temps les fameuses reliques, avant leur translation vers le monastère ardennais. Selon la légende locale, il s'y produit guérisons miraculeuses*, et la réputation qu'acquiert le lieu suppose la construction d'une église plus vaste.
*Saint Hubert est devenu le patron des chasseurs et le guérisseur de la rage ; il est aussi invoqué en cas de troubles nerveux, d'insomnie, de surmenage, de peur enfantine...

En 1332, l'édifice est élevé en église paroissiale dédiée à saint Hubert, dont le culte, aux XIVe et XVe siècles, continue d'attirer les pèlerins, contribuant au développement de la localité.

Le dessin qui suit, dû à notre ami et artiste local Tony Bergmans (archives du « Bon Vî Tîmps »), montre cette église gothique au milieu du XIXe siècle. Ce sont des agrandissements effectués en 1495 qui lui ont donné cet aspect :
eglise tilleur 1332-1868.jpg

Voici Tilleur en 1850, vu depuis la colline du Malgarny (cliquez sur l'illustration pour l'agrandir). La flèche désigne la première église Saint-Hubert, en bord de Meuse. L'usine, sur la gauche, est la société anonyme des Hauts Fourneaux de Sclessin. Le pointillé rouge représente l'actuelle rue des Martyrs, et le bleu l'actuelle ligne de chemin de fer. Sur la droite, les maisons ouvrières alignées en oblique sont celles de l'actuelle rue de la Passerelle :
tilleur 1850.jpg

Comparons avec une vue aérienne contemporaine (obtenue grâce à Bing Maps). Identifions la Meuse (1), l'emplacement de la première église de Tilleur (2), la rue Vieille Église (3), les usines Ferblatil (4), la rue des Martyrs (5), la rue de la Passerelle (6) et le chemin de fer (7) :

plan tilleur bing maps.jpg

 La première église de Tilleur et son cimetière (voir dessin trois illustrations plus haut) sont désaffectés en 1864. Le bâtiment sert d'hôpital en 1866 pendant une terrible épidémie de choléra qui frappe la localité. Il sera définitivement démoli en 1868.

Il faut dire qu'une nouvelle église Saint-Hubert est consacrée depuis 1863. Elle a été construite là où, actuellement, la rue de Station débouche sur le rond-point de la place de l'Église (dont on comprend mieux l'appellation) :
emplacement ancienne église Tilleur.jpg

L'église Saint-Hubert de Tilleur sur une carte postale colorisée de 1907 :Église Saint-Hubert (carte postale colorisée).jpg

Les immeubles, de chaque côté de l'église, constituent le presbytère, la cure d'un côté, le vicariat de l'autre :
eglise saint-hubert tilleur 1904.jpg

L'entrée de l'église Saint-Hubert 2ème du nom fait face au charbonnage du Horloz (cliquez ici pour accéder à un article consacré à cette houillère) :eglise saint-hubert tilleur.jpgcharbonnage horloz tilleur 1904.jpg

L'église et la houillère vues depuis la rue Vinâve* :
* Issu du latin, le mot « vinâve » désigne à l'origine un quartier, un hameau ; par extension, il s'applique à la rue la plus importante de ce quartier, de ce hameau.rue vinave tilleur 1904.jpg

 La même perspective de nos jours (à la place du charbonnage disparu, c'est l'église Saint-Hubert 3ème du nom — nous en parlerons plus loin — qu'on aperçoit dans le fond) :rue vinave tilleur 2008.jpg

La place de l'Église vers 1910 (on ne voit pas l'édifice religieux qui se trouve en retrait sur la gauche), avec le tram Liège-Seraing :Place de l'Église 1910.jpg

 De nos jours (l'entrée du charbonnage se situait à l'emplacement de la végétation de droite) :
place de l'église tilleur 2008.jpg

Le café et la salle du cercle Concordia, au début du XXe siècle :place église tilleur debut XXe.jpg

 En 2008, avec les mêmes bâtiments devenus un restaurant-pizzéria italien :place de l'eglise tilleur 2008.jpg

 La carte postale, deux illustrations plus haut, est intitulée « Place de l'Église ». Les immeubles sous le titre, pourtant, se trouvent en réalité rue Ferdinand Nicolay*.
*Ferdinand Nicolay, philanthrope, né à Stavelot en 1772 et décédé à Bruxelles en 1854. Si plusieurs établissements, rues et places publiques portent son nom, c'est dû au fait que cet homme d'affaires, sans descendance, consacra son immense fortune à des actes de bienfaisance.

Rue que voici dans l'autre sens au début du XXe siècle, dans les années 1970 et en 2008 :
rue ferdinand nicolay tilleur debut XXe.jpgrue ferdinand nicolay tilleur années 70.jpgrue ferdinand nicolay tilleur 2008.jpg

Le plan et la vue aérienne qui suivent peuvent être agrandis en cliquant dessus.

Il n'y a guère, la rue Ferdinand Nicolay était coupée par un passage à niveau (l'ovale rouge sur le plan) :
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C'est à la fin des années 1990 que ce passage à niveau, obstacle à la circulation et cause d'accidents, a été remplacé par un viaduc construit une centaine de mètres plus loin. Cette vue aérienne, obtenue grâce à Bing Maps, montre la rue Ferdinand Nicolay désormais sectionnée (les deux traits rouges), ainsi que le prolongement de la rue de la Station qui franchit le chemin de fer (le pointillé) :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

Le passage à niveau de Tilleur bas en 1991 (l'immeuble et les palissades que l'on voit au centre de la photo n'existent plus ; se trouve là, actuellement, l'étude des notaires Coëme et Michel) :
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Dans l'autre sens, l'emplacement actuel de l'ancien passage à niveau :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

 

Revenons-en à l'évolution de l'église Saint-Hubert. La voici pendant les terribles inondations de l’hiver 1925-1926 :inondations tilleur 1926.jpg

 À la charnière des années 1950 et 60. À droite : les bâtiments du charbonnage du Horloz, en passe de fermeture puis de démolition :place de l'eglise tilleur debut annees 1960.jpg

Victime des inondations et des dégâts miniers, l'église Saint-Hubert finit par s'affaisser ; elle est interdite au culte dès 1977*.
* Les offices seront célébrés dans une classe de l'école Saint-Joseph de 1977 à 1994.

L'édifice est finalement détruit en 1989 :
demolition eglise saint-hubert tilleur 1989.jpgDémolition de l'église Saint-Hubert en 1989.jpg

 Le chantier (1997-98) du passage routier au-dessus du chemin de fer, à l'emplacement de l'église disparue :
rond-point tilleur 1998.jpg

Une toute nouvelle église Saint-Hubert a été construite en 1993-94, à l'angle des rues Ferdinand Nicolay et des Martyrs* :
* Anciennement rue de Liège, rebaptisée la rue des Martyrs en 1912, en hommage à des grévistes tombés vingt ans plus tôt sous le feu des gendarmes.histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

 La photo ci-dessous présente la rue des Martyrs au début des années 1930. Lans le fond, on aperçoit les immeubles de la rue Ferdinand Nicolay. La flèche indique l'emplacement de l'église actuelle ; à l'époque, se trouvaient là les écuries du charbonnage du Horloz :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

 La même perspective de nos jours :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

 Début des années 1990. Le terrain est déblayé en attente de la construction de la nouvelle église. Remarquez le passage à niveau dont il a été question précédemment :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

À gauche, le mur d'enceinte du charbonnage disparu. Dans le fond, la rue Ferdinand Nicolay. À droite (derrière le panneau publicitaire), l'église Saint-Hubert :histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926histoire de tilleur,tilleur,saint hubert,eglise saint-hubert,rue vieille eglise,rue de liege,rue des martyrs,charbonnage du horloz,rue vinave,place de l'église,cercle concordia,rue ferdinand nicolay,inondations 1926

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16:00 Écrit par Claude Warzée dans 13. Église Saint-Hubert (Tilleur) | Commentaires (2) |  Facebook |

06/07/2015

L'église Saint-Nicolas

Reportons-nous dans la seconde moitié du XIXe siècle. La population de Montegnée et Saint-Nicolas* ne cesse d'augmenter grâce au développement des grandes sociétés de charbonnage. Au niveau religieux, les habitants de divers hameaux (Homvent, Pansy, Petit-Montegnée, Roufosse…) se plaignent de l'absence d'un lieu de culte proche de chez eux**.
* Montegnée et Saint-Nicolas sont à cette époque des communes distinctes.
** L'ancienne chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain est très délabrée (voir autre article) ; elle ne constitue plus, de toute façon, le centre des zones d'habitat concernées.

De nouvelles démarches entreprises par les habitants auprès des autorités épiscopales et communales, dès 1860, aboutissent trois ans plus tard à la construction d'une chapelle provisoire rue des Bons Buveurs, à l'emplacement de l'ancienne houillère du même nom*, fermée depuis 1794.
* Ce charbonnage était appelé ainsi à cause d'un estaminet fort fréquenté qui se trouvait à proximité.

 En 1865, est créée la paroisse Saint-Nicolas. La chapelle des Bons Buveurs* sera remplacée, en 1876, par une église érigée au lieu-dit « Trixhes aux Agneaux** », église officiellement reconnue comme celle de Saint-Nicolas-lez-Liège.
* Désaffectée dès l'utilisation de la nouvelle église, cette chapelle a été victime d'un effondrement de terrain en 1888.
** Le mot « trixhes » désigne un terrain défriché servant à l'agriculture ou à l'élevage.


L'église Saint-Nicolas est située rue Francesco Ferrer :
plan SN.jpg
Cliquez sur le plan ci-dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre, et  ICI pour accéder au site OpenStreetMap..

Dès la construction de l'église, le chemin qui mène du Lhoneux aux Bons Buveurs est rebaptisé « rue de l'Église » ; il ne prendra le nom de Francesco Ferrer qu'en 1920, en hommage au libre penseur catalan (1859-1909) fusillé à cause de ses idées républicaines et laïques, en opposition au conservatisme religieux du roi d'Espagne Alphonse XIII.

L'édifice religieux est construit dès 1874 par l'entreprise Dupont d'Amay, sur les plans de l'architecte liégeois Eugène Halkin ; il est consacré le 28 août 1876.


Le voici à l'aube du XXe siècle, vu de la rue du Bonnet. Un pont permet à la rue de l'Église (future rue Ferrer) de franchir la tranchée du chemin de fer Ans-Flémalle, qui dessert les charbonnages de la région :eglise saint-nicolas depuis bonnet_debut XXe.jpg

 La photo qui suit présente le même panorama en 1949 (en 1954, on procédera à la destruction du pont et au remblai de la tranchée de chemin de fer) :eglise saint-nicolas depuis bonnet 1949.jpg

Sur cette vue de 2015, prise plus bas dans la rue du Bonnet, la flèche rappelle le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer, devenue en partie un ravel :rue du bonnet_2015.jpg

 

L'église Saint-Nicolas à l'aube du XXe siècle et au début du XXIe :eglise saint-nicolas debut XXe.jpgéglise saint-nicolas lez liege 2008.jpg

 Depuis la rue Lhoneux (un patronyme bien connu dans la région, lui-même issu du wallon « è l'ôneû », lieu planté d'aulnes) :
église saint-nicolas rue lhonneux tt debut XXe.jpgeglise saint-nicolas rue lhonneux 2008.jpg

En 1900 depuis la ruelle des Trixhes (tronçon devenu une partie de la rue Malaise). Le bâtiment qui masque l'église est le cercle catholique Saint-Charles, fondé en 1898 :eglise saint-nicolas 1900.jpg

Le même endroit de nos jours :rue malaise_saint-nicolas_2015.jpg

L'église et le cercle Saint-Charles sur une carte postale écrite en 1904 :eglise saint-nicolas 1904.jpg

 En 2008 :
eglise saint-nicolas et maison paroissiale 2008.jpg

La vue aérienne qui suit, obtenue grâce à Bing Maps, date de 2009. À l'arrière de l'église Saint-Nicolas et de la maison paroissiale (appellation du cercle Saint-Charles après 1948), les bâtiments sont ceux de l'école Saint-Dominique :vue aerienne ecole saint-dominique_saint-nicolas.jpg

À l'entame du XXe siècle, la paroisse envisage la création d'une école primaire pour filles. La tâche en est confiée à des religieuses dominicaines françaises qui fuient les lois anticongréganistes en vigueur dans leur pays. Les premières sœurs arrivent de Monteils (Aveyron) en septembre-novembre 1902 ; elles sont logées au presbytère puis dans une maison louée rue de l'Église ; elles enseignent aux enfants dans les locaux du patronage et du cercle catholique.

En 1905, on leur érige un couvent (les bâtiments marqués « C » sur la vue aérienne qui précède) et deux salles de classe, complétées de quatre autres en 1907.

L'école s'agrandira encore par la suite. Ci-dessous, une carte postale mettant en valeur la salle Sainte-Dominique bâtie en 1937 pour servir de salle des fêtes :
ecole saint-dominique saint-nicolas_annees 50.jpg

 Le même endroit de nos jours, après les ajouts et modernisations des années 1950 et 60 (on aperçoit, sur la gauche, un morceau de l'ancien couvent devenu bâtiment administratif) :
ecole saint-dominique saint-nicolas_2015 (1).jpg

Les 4 et 6 janvier 1945, l'église Saint-Nicolas est fortement endommagée par la chute à proximité de bombes volantes V1 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique

Pendant six ans, c'est la salle Saint-Dominique, de l'école des sœurs dominicaines, qui fera office de chapelle. La voici garnie à l'occasion de la fête de Noël 1945, avec un autel latéral récupéré de l'église sinistrée :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique

 Dans l'immédiate après-guerre, les charbonnages font appel à de nombreux travailleurs étrangers, principalement italiens, qu'on loge dans des baraquements de tôle sur l'ancienne paire du Bonnet (voir autre article).

La photo ci-après a été prise en 1949 depuis la maison paroissiale (le cercle Saint-Charles a été rebaptisé ainsi en 1948). À gauche, c'est le terril du Bonnet (aujourd'hui arasé), avec en contrebas le camp pour travailleurs immigrés. Dans le fond, on aperçoit les terrils et une belle-fleur des charbonnages du Gosson :
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 Vu l'importance de la population immigrée d'origine chrétienne, une chapelle est aménagée sur le site du Bonnet pour y célébrer la messe le dimanche et jours de fête :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique

 Le chantier de reconstruction de l'église Saint-Nicolas commence en mars 1950. L'essentiel de la restauration se terminera en mai 1951*.
*D'autres travaux de remise en état se poursuivront dans les années suivantes, concernant le dallage, les peintures, l'ébénisterie, le remplacement des orgues...

Les trois photos qui suivent montrent le chantier de reconstruction en 1950 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominiquesaint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominiquesaint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique

L'inauguration et la bénédiction de l'église restaurée, le 20 mai 1951 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet

 L'église Saint-Nicolas en 1951 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet

 À l'avant-plan de la photo ci-dessus, on remarque un autre chantier, celui de l'agrandissement du cimetière. En février 1950, la commune a en effet acquis une prairie* jouxtant l'église. Elle l'a achetée au charbonnage du Gosson, qui vendait certaines de ses propriétés pour atténuer ses difficultés financières. Elle y a fait aménager un nouvel espace de sépulture à proximité de l'ancien, et une communication entre les deux a été pratiquée en février 1951.
* Prairie sur laquelle était établie depuis peu une plaine des sports. Ce « champ d'ébats » a déménagé sur le site du Bonnet (voir autre article).

Voici trois photos de l'aménagement du nouveau cimetière (1950-51), avec deux vues contemporaines correspondantes :
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L'église, le presbytère et la maison paroissiale en 1955 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet

La photo suivante présente la maison paroissiale en 1965. On vient d'en achever la restauration en 1961 grâce à des dommages de guerre enfin obtenus (les dégâts subis en 1945, en même temps que l'église, n'avaient été réparés que sommairement). Elle abrite une bibliothèque publique depuis 1962. La statue, sur le socle en façade, est Notre-Dame de Banneux :
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 En 2013, la maison paroissiale est rasée et remplacée par un complexe résidentiel qui en rappelle certains éléments architecturaux :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnetsaint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet

L'église et l'immeuble résidentiel vus depuis l'école fondamentale Saint-Dominique :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet


 * * * * *

Terminons par deux vues d'ensemble prises des hauteurs, la première depuis la rue Ferdinand Nicolay en 1964, la seconde depuis la rue Malaise en 2008 :saint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnetsaint-nicolas,eglise saint-nicolas,rue de l'église,rue ferrer,bonnet,charbonnage du bonnet,rue lhoneux,cercle catholique saint-charles,maison paroissiale,école des soeurs dominicaines,école saint-dominique,cimetière saint-nicolas,champ d'ébats du bonnet

* * * * *

Tous mes remerciements à Marguerite ALEXANDRE pour m'avoir procuré ce précieux ouvrage :
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11:05 Écrit par Claude Warzée dans 06. L'église Saint-Nicolas | Commentaires (0) |  Facebook |

24/06/2015

La rue Saint-Nicolas

La rue Saint-Nicolas est une longue voirie qui relie le quartier Saint-Gilles à la chaussée de Gaulle (Montegnée). Sur une portion de son tracé, elle constitue la frontière entre la commune de Saint-Nicolas et la ville de Liège. Avant la fusion des communes de 1977, les trente et un hectares colorés en gris sur le plan ci-dessous appartenaient au territoire saint-clausien :
plan saint-nicolas liege.jpg
Cliquez sur le plan pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.

Cette voirie, qu'on appelait autrefois le « chemin venant de Saint-Gilles », a été officiellement baptisée « rue Saint-Nicolas » en 1818. Sur son parcours, se situait l'ancienne chapelle de Saint-Nicolas en Glain, qui est à l'origine du nom de la commune (voir autre note).

La rue Saint-Nicolas au départ de Saint-Gilles, en 1910, 1936 et 2008 :carrefour st-gilles_liege_1910.jpgcarrefour st-gilles 1936.jpgcarrefour st-gilles_liege_2008.jpg

 Le tronçon de la rue Saint-Nicolas du côté Saint-Gilles, au tout début
du XXe siècle et de nos jours :
Rue Saint-Nicolas côté Saint-Gilles début XXème siècle.jpgrue saint-nicolas_liege_2015.jpg

rue bois mayette liege 2015.jpg
L'immeuble blanc que l'on voit ci-dessus a servi autrefois de bureaux à une houillère établie dans le bas de la rue Mayette*, qui n'était alors qu'un chemin. Ce puits de mine appartenait la société de La Haye, créée en 1799. Il a été en activité jusqu'en 1819 (voir cet autre article).
* L'appellation « Mayette » provient du nom de Jean Maillet, propriétaire terrien du XIVe siècle.

Sur ce dessin de Jean Müller (Montegnée 1904-1977), on aperçoit le bois et le château Mayette (1), ainsi que le tronçon de la rue Saint-Nicolas (2) proche de l'église Saint-Gilles. Cliquez sur l'illustration pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre :Panorama bois mayette jean muller.jpg
La photo qui suit date de 1953. À l'arrière-plan, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Gilles. Le bosquet, sur la gauche, est le bois Mayette, qui se trouve à l'époque sur le territoire communal de Saint-Nicolas. Ce petit bois n'est pas un vestige de l'épaisse forêt qui couvrait la région avant les défrichements du XVe siècle ; il est constitué d'arbres replantés en 1840 sur l'emplacement de l'ancien charbonnage, le propriétaire des lieux envisageant de faire ériger là un château familial :
bois mayette saint-nicolas liege 1953.jpg
Ce château Mayette (le bâtiment a pris le nom du lieu-dit), le voici au milieu du XXe siècle. Les girouettes des tourelles portent le millésime 1874, année probable de sa construction :

chateau mayette saint-nicolas liege 1953.jpg


Revenons rue Saint-Nicolas, où se trouvait autrefois un dépôt de tramways vicinaux, que voici vers 1911 :
depot trams st-gilles 1911.jpg

Ce tram vicinal 61 sort de la rue Saint-Gilles et s'engage dans la rue Ferdinand Nicolay pour descendre vers Tilleur (photo de 1959).
Les panneaux directionnels « Bruxelles » et « Tongeren » pointent vers la rue Saint-Nicolas :

tram 61 saint-gilles liege.jpg

Le dépôt en 1961 (les trams électriques ont presque tous été remplacés
par des autobus au gasoil) :

depot vicinal st-gilles 1961.jpg

Les lieux, actuellement, abritent le centre de formation
pour les métiers de l'automobile (AutoFORM) :
autoform st-gilles 2006.jpg

Un peu plus loin, le n° 106a de la rue Saint-Nicolas est une élégante demeure datant du troisième quart du XVIIIe siècle. Classé depuis 1979, l'édifice est répertorié au Patrimoine wallon comme l'ancien hôtel particulier De Francquen :maison de francquen saint-nicolas liege 2015.jpg

 La maison De Francquen au siècle dernier :maison de francquen saint-nicolas liege.jpg

 La carte postale qui suit date du tout début du XXe siècle ; elle montre, à l'arrière du bâtiment, le terrain servant de jardin et de pâturage. Cette fois, il est question du « château Orban »… N'hésitez pas à me contacter si vous possédez des renseignements sur les patronymes « Orban » et « De Francquen » :chateau orban.jpg

 La rue Saint-Nicolas photographiée en 1949 depuis son embranchement avec la rue des Peupliers :
rue saint-nicolas liege 1949_1.jpg

 Le même endroit de nos jours :rue saint-nicolas 2015.jpg

Une ferme rue Saint-Nicolas en 1964 (rappelons que ce côté de la rue était saint-clausien avant la fusion des communes de 1977) :ferme rue saint-nicolas 1964.jpg

 La ferme, de nos jours, a été aménagée en habitation :ancienne ferme rue saint-nicolas.jpg

 À l'arrière de l'ancienne ferme, en retrait dans son parc, se trouve une maison de style néo-classique. Probablement construite au XVIIe siècle, elle a été réaménagée dans la première moitié du XIXe siècle et restaurée dans les années 1970 :rue saint-nicolas_liege_bing maps.jpg

En voici une photo issue du site du Patrimoine wallon :maison rue saint-nicolas liege.jpg

 Au milieu de son parcours, la rue Saint-Nicolas est coupée par une place du même nom :place saint-nicolas liege 2008.jpg

 Cette place Saint-Nicolas, la voici en 1972 (excusez la qualité médiocre de la coupure de presse). Les bâtiments que l'on voit sont à l'époque sur le territoire de la commune de Saint-Nicolas (aujourd'hui de Liège). Les locaux du cinéma Olympia, à l'angle de la rue Noé-Renson, sont occupés de nos jours par un magasin discount de chaussures :Olympia 72.jpg

 La rue Noé-Renson a été ainsi baptisée en 1900, pour rendre hommage à Georges Noé et à son épouse (Renson de son nom de jeune fille). Lui était ingénieur dans divers charbonnages de la région, et le couple était connu pour sa philanthropie. Ils habitaient une importante demeure bourgeoise située place Saint-Nicolas.

Le « château Noé-Renson » avant sa destruction en 1930 :
chateau noe-renson saint-nicolas avant 1930.jpg

 Au-delà de la place, la rue Saint-Nicolas continue vers Montegnée et Glain :place saint-nicolas brico 2008.jpg

 Il est surprenant de comparer la vue précédente avec celle-ci, prise probablement avant-guerre :
rue et place saint-nicolas jadis.jpg

 Le même endroit au début des années 1960, avant l'existence du Brico :place saint-nicolas avant 1965_1.jpg

 Le « B », sur la droite de la vue ci-dessus, est un fragment de publicité pour les cigarettes Bastos, publicité que l'on retrouve sur la photo qui suit, présentant la jonction entre la place Saint-Nicolas et la rue du Calvaire :place saint-nicolas avant 1965_2.jpg

Comparons avec le même endroit de nos jours. L'immeuble à appartements, à droite sur les deux photos, fait partie des habitations sociales construites en 1956 par la Maison liégeoise :
saint-nicolas

 En 1962, le boulevard Sainte-Beuve vient d'être achevé en direction de la place Saint-Nicolas (dans le fond), où les premières habitations sociales de la Maison liégeoise datent de 1956. Dès 1963, c'est toute une cité qui sortira de terre le long de la nouvelle artère :boulevard sainte-beuve liege 1962.jpg

 Retour sur la place Saint-Nicolas, avec des photos comparatives 1985 / 2015. Tout d'abord, en direction de Saint-Gilles :
place saint-nicolas liege 1985_2.jpgsaint-nicolas

 Puis vers Montegnée :place saint-nicolas liege 1985_1.jpgsaint-nicolas

place saint-nicolas liege 1985_3.jpgsaint-nicolas

 La rue Burenville en 1965, vue depuis la rue Saint-Nicolas :rue burenville liege 1965.jpg

 Des nos jours :
saint-nicolas

Continuons à suivre la rue Saint-Nicolas :saint-nicolas

 Un peu plus loin à droite, s'ouvre la rue André Delchef* (la flèche sur la vue précédente), avec une grande surface de vente de chaque côté :
* André Delchef (1835-1902), auteur de pièces de théâtre en wallon.
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 La rue Delchef, dans le même sens en 1972 :saint-nicolas

 Les installations minières que l'on voit ci-dessus, deux ans avant la fermeture du site, sont le siège « Saint-Nicolas » de la Société des charbonnages Espérance et Bonne Fortune. Cliquez ICI pour accéder à un autre article exclusivement consacré à ce sujet.

Sur la photo qui suit, le muret bordé de végétation est le vestige d'un ancien pont franchissant une ligne de chemin de fer à l'usage des charbonnages (voir autre article) :saint-nicolas

Sur cette vue aérienne de 2009 , la flèche désigne l'axe de la rue Saint-Nicolas. On reconnaît la rue André Delchef (1), l'emplacement de l'ancien charbonnage (2) et l'ancienne tranchée du chemin de fer (3). De l'autre côté du pont, l'immeuble rouge actuel est en cours de construction (4) :saint-nicolas

 La rue de la Coopération en 1958. Dans le fond, on aperçoit la rue Saint-Nicolas. À droite, ce sont des dépendances de l'ancienne ferme Raik, qu'une école communale a longtemps occupées avant de déménager plus en avant dans la rue, dans de nouveaux locaux :saint-nicolas

 Ci-dessous, le même endroit de nos jours, avec ses logements sociaux et son marché hebdomadaire. Créé en 1927, ce marché s'est d'abord tenu place Saint-Nicolas ; il a été déplacé rue de la Coopération en 1972 :saint-nicolas

Nous approchons du carrefour des Bons Buveurs :saint-nicolas

 La rue Saint-Nicolas au carrefour des Bons Buveurs, dans les années 1950 et en 2008 :bons buveurs annees 1950.jpgbons buveurs 2008.jpg

 Le lieu-dit des Bons Buveurs tire son appellation d'une ancienne houillère du XVIIIe siècle, elle-même ainsi baptisée à cause de la proximité d'un estaminet très fréquenté à l'époque des charbonnages. La dénomination a été conservée par le café situé au coin de la rue des Bons Buveurs et de la rue Saint-Nicolas.

Le carrefour des Bons Buveurs en 1910 et en 2008 :
bons buveurs 1910.jpgbons buveurs 2008 (2).jpg

La photo suivante a été prise le 22 avril 2008 vers 10 heures. La rue Saint-Nicolas est interdite à la circulation à cause d'un braquage en cours dans le magasin Aldi qui se trouve un peu plus loin. Le complexe rougeâtre, sur la gauche, est la clinique de l'Espérance :
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Cette clinique tient son nom de l'importante S.A. des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune, société qui l'a fondée en 1907 pour soigner les mineurs accidentés. Au départ, le dispensaire est établi dans une simple maison d'habitation, à laquelle sera jointe en 1909 une salle d'hospitalisation de douze lits. Le service acquiert une grande notoriété et finit par s'ouvrir aux travailleurs d'autres entreprises et à la population environnante.

Le bâtiment que l'on voit sur la photo ci-dessous (prise en 1960) a été inauguré en 1957 :saint-nicolas

Le centre hospitalier est du côté montagnard de la rue (l'adjectif « montagnard » désigne en effet tout ce qui se rapporte à Montegnée) :saint-nicolas

L'entrée du siège principal de la S.A. des Charbonnages Espérance et Bonne Fortune (voir cet autre article) se trouvait au bout de l'impasse de l'Espérance, que voici en 1972, un an avant la fermeture définitive de la houillère :saint-nicolas

Le même endroit de nos jours. L'impasse se termine par un terrain vague clôturé où est installé un poste électrique haute tension :saint-nicolas

Situons les lieux grâce à cette vue aérienne de Bing Maps (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre) :saint-nicolas
Les flèches rouges indiquent le tracé de la rue Saint-Nicolas.
1 = la clinique de l'Espérance  /  2 = l'ancien siège principal des charbonnages de l'Espérance et Bonne Fortune  /  3 = le terril de l'Espérance devenu lieu de promenade  /  4
= L'emplacement d'une concession automobile et d'un supermarché discount / 5 = l'ancien
siège « Saint-Nicolas » des charbonnages précités, le ravel remplaçant l'ancienne ligne de chemin de fer.
Le pointillé rouge est le tracé d'une autre ancienne ligne de chemin de fer reliant les deux sièges d'exploitation houillère, tracé qui a laissé sa marque dans la végétation.

Les mêmes indications se retrouvent sur cette autre vue aérienne de 1947, dans un environnement bien sûr différent, moins urbanisé, à l'époque des charbonnages en activité :

saint-nicolas

Les dernières photos concernent le tronçon de la rue Saint-Nicolas à l'approche de la place des Marronniers. La photo qui suit date de 1949. Le mur délimite la propriété Springuel, du nom de leurs propriétaires Arthur et Irma Springuel, qui ont légué leur bien, en 1942, à la Communauté des Filles de la Charité. Le terrain comporte une grande maison, dans laquelle les religieuses donnent asile à des personnes âgées en difficulté, ainsi qu'à des sinistrés victimes des bombardements :saint-nicolas

De nos jours :
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La propriété Springuel vue en 1949 depuis la rue Émile Vandervelde* :
* Homme politique belge (1866-1938), figure emblématique du parti socialiste.
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De nos jours :
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Le home Springuel d'origine a fait place dès 1953 à de nouveaux bâtiments :saint-nicolas

La maison de retraite a été reprise en 1973 par le CPAS de Saint-Nicolas. La résidence Springuel vient d'être agrandie et modernisée :saint-nicolas

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15:50 Écrit par Claude Warzée dans 05. La rue Saint-Nicolas | Commentaires (2) |  Facebook |

15/03/2015

La houillère du Horloz à Tilleur

« Horloz » est le nom d'un ancien ruisseau qui descendait du Bois Mayette (Saint-Nicolas) pour aller se jeter dans la Meuse à Tilleur. Chemin faisant, il passait sous un pont de pierre au pied du Vieux Thier et alimentait des pompes publiques comme celle de la place Ferrer.

« Horloz » serait une altération de « hore » ou « xhorre », vieux mot liégeois désignant un canal d'écoulement des eaux. Le ruisseau a  été d'une grande utilité comme araine à l'époque des charbonnages.

La photo qui suit montre le lieu-dit « Pont de Pierre » comme il est devenu de nos jours, à l'intersection entre les rues Ferdinand Nicolay, du Vieux Thier et Chiff d'or :Au pied du Vieux Thier.jpg

 La partie inférieure de la rue Ferdinand Nicolay s'appelait d'ailleurs, autrefois, la rue du Horloz, comme en atteste cette carte postale de 1935 :rue horloz_tilleur_1935.jpg

*  *  *  *  *

 

Au début du XIXe siècle, la famille Braconier (qu'on orthographie parfois avec deux « n ») s'intéresse à l'exploitation houillère et introduit des demandes de concession sous les localités de Jemeppe, Tilleur, Saint-Nicolas et Montegnée, qui sont alors des communes distinctes.

Le plan qui suit indique les limites, en 1890, de la concession dite du Horloz. Il servira à situer les lieux quand nous parlerons du Vieux Horloz (1), du Murébure (2), du siège Braconier (3) ou du siège de Tilleur (4) :
concessions_horloz_1890.jpg
Ce plan, comme diverses explications dans cet article, est extrait du mémoire universitaire de Pierre Prévot, monographie d'un charbonnage : le Horloz (1805-1930), université de Liège, faculté de philosophie et lettres, années académique 1980-1981.

C'est d'abord la fosse abandonnée du Vieux Horloz qui est réouverte et approfondie, dès 1802. Une quinzaine d'années plus tard, elle fonctionne en complémentarité avec le puits du Murébure, lequel devient après 1830 le siège principal d'extraction ; il le restera jusqu'en 1849, année de sa fermeture à la suite de divers problèmes graves (explosions, inondations).

Les Braconier ouvrent alors un nouveau siège d'exploitation (le siège Braconier) à proximité du Bonnet, à Saint-Nicolas (voir autre article). Parallèlement, ils préparent un autre site dans le sud de la concession, dans le bas de Tilleur, entre la Meuse et la colline du Malgarny*
* La graphie « Malgarnie » est déjà citée au XIVe siècle. Probablement le nom de famille d'un propriétaire viticulteur, le coteau étant alors couvert de vignobles.

La suite de cet article n'est consacrée qu'à ce siège tilleurien du Horloz, inauguré en 1873. 
Le plan qui suit nous en montre l'implantation en 1947 (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre) :
plan_tilleur_1947.jpg
Sur ce plan de 1947, le charbonnage est désigné comme la SA Charbonnages du Gosson, La Haye et Horloz ; depuis le début des années 1930, nous en reparlerons, la société du Horloz a en effet été reprise par d'autres.

 
*  *  *  *  *

La houillère au pied du Malgarny en 1909 :Le Horloz en 1909.jpg
De nos jours :
etude notaire coeme_tilleur_2015.jpg

 Le charbonnage du Horloz et l'ancienne église Saint-Hubert vus à l'aube du XXe siècle depuis les hauteurs de la colline Malgarny :
Le bas de Tilleur vu de la colline Malgarny.jpg
Vue aérienne de nos jours (la croix rouge désigne l'emplacement de l'ancienne église Saint-Hubert ; la jaune, celui de la nouvelle ; la noire, celui de la houillère d'antan) :
bing maps_emplacemlent Horloz.jpg

Voici l'entrée de cette houillère, au tout début du XXe siècle, du côté de la rue de Liège (qui deviendra la rue des Martyrs en 1912, en hommage à des grévistes tombés vingt ans plus tôt sous le feu des gendarmes). À droite, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Hubert :
horloz_tilleur_entrée tt debut XXe.jpg
Autre vue de cette houillère :
horloz_tilleur_1904.jpg

Les installations principales du charbonnage du Horloz en 1904 :Le Horloz en 1904.jpg
La configuration des lieux a beaucoup changé : la flèche rouge indique l'emplacement de l'ancienne église Saint-Hubert ; la noire, celui du charbonnage disparu :

Rond-point de Tilleur.jpg

 Les deux vues qui suivent, la première du début du XXème siècle, la seconde de 2015, ont été prises de la passerelle qui franchit les voies ferrées près de la gare de Tilleur. Le cercle rouge indique l'église Saint-Hubert à chacune des deux époques :Depuis la passerelle du chemin de fer au début du XXème siècle.jpgDepuis la passerelle du chemin de fer en 2015.jpg

Le charbonnage vu depuis la place de la Gare au début du XXe siècle :place de la gare_tilleur_debut XXe.jpg
De nos jours :

place d'italie_tilleur_2015.jpg

 À l'arrière-plan des deux cartes postales anciennes ci-dessous, représentant la rue Vinâve (à l'origine, le mot « vinâve » désigne un quartier, puis par extension la rue principale de ce quartier), se dressent les cheminées de la houillère du Horloz :rue vinave_horloz_tilleur_debut XXe.jpgrue vinave_tilleur_1904.jpg

C'est quai du Halage que l'on embarquait le charbon, mais aussi que l'on déchargeait les bois de mines servant à étayer les galeries :meuse_tilleur_debut XXe.jpg
La « paire aux bois » du charbonnage du Horloz :charbonnage horloz_tilleur.jpg

La photo ci-dessous a été prise à Jemeppe en 1860 (Tilleur se trouve à l'emplacement désigné par la flèche) ; les berlines ne sont donc pas celle du Horloz, mais le document montre bien le déversement du charbon dans les péniches :
jemeppe_fin XIXe.jpg

Revenons au quai du Halage à Tilleur même. Au début du XXe siècle, il n'y a ni route ni digue entre le quai et la Meuse. À gauche, l'immeuble aux deux frontons est une école communale. Au-delà de la végétation, juste avant les usines, s'ouvre une voie appelée la rue de la Meuse, le long de laquelle se trouve la paire du Horloz. Le rivage, à cet endroit, est un lieu de chargement du charbon dans les péniches :
quai du halage_tilleur_debut XXe.jpg
La même perspective à la fin des années 1920 (on a construit la digue à la suite des inondations catastrophiques de l'hiver 1925-1926) :
quai halage_jemeppe tilleur_1927.jpg
De nos jours :

quai du halage_tilleur_2008.jpg

Ce qu'on appelait la paire du Horloz, la voici telle qu'elle se présente actuellement, le long de la rue de la Meuse :
rue de la meuse_tilleur_2013.jpg
Les installations du charbonnage couvraient autrefois toute cette zone, occupée de nos jours par un terrain de football et une friche boisée. Elles comprenaient aussi un hôpital aménagé dans l'ancienne demeure Braconnier (qui se trouvait à l'avant-plan de la photo ci-dessus).

Cette clinique, la voici abandonnée après sa fermeture en 1962 :
ancien hopital horloz tilleur.jpg
L'endroit de nos jours :
terrain foot_tilleur horloz_2013.jpg

emplacement horloz_tilleur_bing maps.jpg
Les numéros, sur la vue aérienne ci-dessus, permettent de situer les éléments qui constituaient autrefois le paysage dans le périmètre des actuels quai du Halage (A), rue de la Digue (B), rue des Martyrs (C) et rue de la Meuse (D) : la maison et l'étude du notaire Arthur Coëme (1), l'hôpital du Horloz (2), les baraquements et logements ouvriers (3), les ateliers mécaniques (4), le site d'extraction (5). La flèche représente le sens de prise de vue de la photo suivante :
site Horloz_tilleur_2015.jpg

Quand on pénètre dans la friche boisée, on peut découvrir quelques ruines des anciennes installations charbonnières :friche boisee horloz1.jpg

Dans un affaissement de terrain, on peut même apercevoir la tombe d'un des puits (dalle qui porte le millésime « 1960 », année de son comblement) :friche boisee horloz2.jpg

Retour sur le terrain de football. Au centre de la photo qui suit, l'horizon est fermé par les façades arrière des maisons de la rue Neuve, cité-jardin à la mode 1900, construite à l'époque par le charbonnage du Horloz pour y loger ses mineurs :foot_tilleur_2015.jpg

Au départ, ces deux alignements d'habitations ouvrières (voir ci-dessous) disposaient de jardinets en façade, le long d'une ruelle centrale. Herbes folles et clôtures délabrées ont nécessité, en 1935, un assainissement des lieux, avec l'aménagement d'une place centrale dégagée :
rue neuve_tilleur_2015.jpg


*  *  *  *  *

La fin d'une épopée

La société créée par la famille
Braconier, devenue société anonyme en 1887*, aborde le XXe siècle avec deux sites d'exploitation : le siège Braconier (au Bonnet) et le siège de Tilleur.
* Les Braconier restant au contrôle du conseil d'administration.

Déficitaire, le siège Braconier finit par fermer en janvier 1930, et en décembre de la même année, la Société du Horloz est absorbée par celle de La Haye (charbonnage établi à Saint-Gilles et au Laveu : voir autre article).

En 1931, le groupe La Haye-Horloz fusionne avec la Société du Gosson :
action_horloz_1932.jpg

 Durant la seconde guerre mondiale, le site du Horloz (géré donc à ce moment par la Société du Gosson) est réquisitionné par l'occupant allemand, qui y fait construire en 1942 des baraquements pour loger les prisonniers russes astreints au travail dans la mine.

Après 1945, nos charbonnages font appel à de la main-d’œuvre étrangère, et ces baraquements sont destinés aux travailleurs italiens et slaves.

C'est dans ce contexte qu'un certain Guiseppe Barracato, originaire de Lercara Friddi (Sicile) arrive à Tilleur en 1948 pour travailler comme mineur de fond. En 1951, il fait venir sa famille. Son fils Francesco, tout gamin à l'époque, deviendra le chanteur Frédéric François.

La famille Barracato habite tout un temps dans l'une des maisons ouvrières de la rue de la Meuse, maisons que l'on voit sur la photo ci-dessous (À droite, derrière le mur du charbonnage, on aperçoit l'hôpital du Horloz) :
rue de la meuse_tilleur.jpg
Seul le mur du charbonnage subsiste de nos jours :
rue de la meuse_tilleur_2015.jpg

En 1954 la Société des Charbonnages de Gosson, La Haye et Horloz réunis fusionne avec la Société des Charbonnages des Kessales (Jemeppe). Dans l'article de journal qui suit (cliquez dessus pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre), il est question d'un accident survenu en 1956 au siège du Horloz, charbonnage de Gosson-Kessales, rue des Martyrs à Tilleur :
gazette liege_1956.jpg

Depuis 1951, nos houillères sont menacées par les normes de rentabilité exigées par la CECA. En 1958, le groupe Gosson-Kessales ferme son site de Jemeppe ; l'année suivante, il sacrifie le Horloz et le Gosson 1 pour sauver le Gosson 2*.
* Qui cessera malgré tout ses activités en 1966.

La place de l'église à la charnière des années 1950 et 60, avec à droite l'entrée du charbonnage du Horloz :place de l'eglise_tilleur.jpg
Le même endroit actuellement :
rond-point_tilleur_2015.jpg

La rue des Martyrs en 1960 (probablement pendant la grande grève qui a marqué cette année) :
rue des martyrs_tilleur_annees 1960.jpg
Le même endroit de nos jours :rue des martyrs_tilleur_2015.jpg

 La photo suivante a été prise depuis la passerelle enjambant les voies ferrées près de la gare de Tilleur. Au-delà de l'ancien site Chimeuse récemment assaini (l'espace vert pâle), l'ovale situe un terril du Horloz en attente d'arasement, de dépollution et de reconversion :
site chimeuse assaini_tileur sclessin_2015.jpg

 

Merci à Patrice Bonhivert, Jean-Claude Jacobs et Tony Bergmans pour leur aide au niveau de la documentation iconographique.

Merci aussi à Georges Stepniak pour les renseignements fournis et la visite commentée de ce quartier de Tilleur. Il a connu les lieux dans sa jeunesse, quand son père était mineur au Horloz avant d'être muté au Gosson 2.

15:10 Écrit par Claude Warzée dans 12. Le charbonnage du Horloz à Tilleur | Commentaires (2) |  Facebook |

21/01/2015

BLOG EN COURS DE MODIFICATION

  Ce blog subit pour l'instant d'importantes modifications.

Les publications déjà transformées et complétées ont été redatées (2015), mais les commentaires des années précédentes ont été conservés.

  Veuillez m'excuser pour les désagréments encourus.

13:25 Écrit par Claude Warzée | Commentaires (0) |  Facebook |

Les charbonnages Gosson-Lagasse

Plan de 1938 (cliquez dessus pour l'agrandir) :
plan 1938.jpg

 Aux XVIe et XVIIe siècles déjà, on signale de petites bures dans les campagnes qui descendent du plateau du Homvent* vers Jemeppe. On les appelle le Gosson, l'Agace, le Petit Corbeau, Chantraine ou Murébure...

* L'origine du mot « Homvent » est incertaine, mais il pourrait s'agir d'une forme ancienne de
« humer le vent », cet endroit constituant un passage naturel du vent aspiré vers la vallée.
Le terme « gosson », à l'époque, désigne le conducteur d'un cheval chargé de sacs de charbon ; en wallon, pareil cheval se dit « chivâ d'gosson ».
« Agace » ou « Agasse » étaient des termes servant à désigner une pie.
L'appellation « Chantraine » pourrait provenir d'une déformation de l'expression wallonne
« è tchant'rinne » ( « chante raine », en rapport avec le coassement des grenouilles).
Une bure était un puits de mine ; certains de ces puits étaient renforcés d'un revêtement en briques, d'où l'expression « Murébure ».

La fosse du Gosson, située près du Lameau*, est abandonnée depuis des décennies quand elle est remise en activité en 1791 et équipée d'une machine à vapeur.

*Graphie de Lamay au XVIIIe siècle. En ancien wallon, le mot « Lamê » désignait un tribart, le triangle en bois que l'on mettait au cou d'un animal pour l'empêcher de traverser les haies. L'endroit, autrefois, était-il connu pour son bétail ainsi équipé, ou le terrain avait-il tout simplement la forme d'un triangle ? Le lieu-dit a aussi donné naissance à un nom de famille dès le XVIe siècle.

La houillère du Gosson en 1796 :bure gosson_1796.jpg

Dans le début du XIXème siècle, la société charbonnière absorbe les bures environnantes et étend ses concessions sous Grâce, Hollogne et Jemeppe. Elle adopte le nom de Gosson-Lagasse* et devient une entreprise très importante.

* Le puits originel du Gosson a fini par être condamné au profit de celui de L'Agace — à remarquer le changement d'orthographe.


En 1877, on cite deux sites d'exploitation : le Gosson n°1 et le Gosson n°2, le premier au sommet et le second au bas de l'actuelle rue Lamay.

La photo qui suit, datant de 1949, est la rue Pavé du Gosson qui mène au siège n°1 du Gosson :

rue pave du gosson montegnee 1930.jpg

La rue Pavé du Gosson est un tronçon de la « pavèye dè gosson », un ancien chemin de la fin du XVIIIe siècle aménagé et pavé aux frais de la houillère pour être en communication avec la chaussée de Montegnée. La voici en 2008 :rue pave du gosson montegnee 2008.jpg

 Le Gosson n°1 en 1915 et 1920 :gosson 1_1915.jpggosson 1_ateliers_1920.jpg

En 1935 :
gosson_1 1935.jpg

L'entrée principale du Gosson n°1 en 1937, rue Murébure, à l'extrémité de la rue Pavé du Gosson :
gosson 1_entree 1937.jpg

La même entrée de nos jours :Ex-Gosson n°1.jpg

Le site du Gosson n°1 actuellement :Le site de l'ancien Gosson n°1.jpg

Le charbonnage en pleine activité avant sa fermeture en 1959 :gosson 1 montegnee.jpg

 Voici maintenant le siège du Gosson n°2 au temps de sa splendeur, vu depuis son propre terril (le terril marqué « T » et la belle-fleur cerclée de rouge appartiennent au siège du Gosson n°1) :
gosson 2 montegnee.jpg

Le bas de la rue Lamay dans la seconde partie des années 1930 :rue lamay debut XXe.jpg

Le même endroit en 2008, pendant la restauration du vieux lavoir, seul vestige architectural de la houillère :rue lamay 2008.jpg

Le siège du Gosson n°2 au milieu des années 1960, vu depuis le côté de la rue Chantraine (son terril est sur la droite de la photo, celui de gauche appartenant à l'ex-Gosson n°1, fermé depuis 1959) :
gosson 2_1966.jpg

 Le terril du Gosson n°2 en hiver, du côté de la rue Xhavée :terril gosson 2_1966.jpg

 Les installations du Gosson n°2 avant la fermeture en 1966 :gosson 2 avant 1966.jpg

La désolation en août 1967 :gosson 2-1967.jpg

 La photo qui suit a été prise en septembre 2008, pendant l'aménagement du site de la Maison des Terrils. Les installations charbonnières des deux vues précédentes se trouvaient là où travaille la pelleteuse :chantier maison des terrils 2008.jpg

Dès 2007, le site désaffecté du Gosson 2 a été réaménagé dans le cadre du projet Interreg III de la Route des Terrils, projet qui vise à restaurer les sites charbonniers pour les rendre accessibles aux promeneurs et à y promouvoir un tourisme doux, en harmonie avec la biodiversité du paysage.

Le vieux lavoir du Gosson 2, un des rares témoins de l'exploitation minière sur le territoire de la commune, est devenu le centre d'accueil d'un parc pédagogique à la fois historique et environnemental.

Le chantier en mai 2008 :chantier maison des terrils 2008(2).jpg

Cliquez ICI pour un autre article sur le sujet.

13:25 Écrit par Claude Warzée dans 11. Les charbonnages du Gosson | Commentaires (4) |  Facebook |

18/01/2015

Le site du Bonnet, de la houillère à la plaine des sports

Ce plan de Rouck permet de situer le site du Bonnet (la flèche) tel qu'il se présentait à l'aube du XXe siècle, avec les vestiges du charbonnage et de son terril :carte de rouck annees 1960.jpg
 

L'exploitation de la houille est déjà signalée au Bonnet dès le XVe siècle, mais c'est au milieu du XIXe que Joseph-Frédéric Braconier, maître de fosses et bourgmestre de Tilleur, obtient l'autorisation de remettre une ancienne bure en activité, puis développe sur ce site un charbonnage de grande importance.

 Vue générale du charbonnage du Bonnet vers 1910 :charbonnage bonnet_saint-nicolas_1910.jpg

 Le charbonnage du Bonnet en 1928 (à l'horizon, le château d'eau du Bois d'Avroy et les belles-fleurs du siège Piron du charbonnage de La Haye) :
charbonnage du bonnet 1928.jpg

Le site du Bonnet en 2008, avec une partie de la plaine des sports :site bonnet_saint-nicolas_2008.jpg

La rue Grimbérieux (patronyme d'une famille importante dans la région), au pied du terril du Bonnet en 1948 :
rue grimberieux_saint-nicolas_1948.jpg

Au début du XXe siècle, depuis le terril du Bonnet, on a une vue unique sur des alentours très champêtres :
terril bonnet_saint-nicolas_debut XXe.jpg

 La houillère du Bonnet cesse ses activités en 1930. Les puits sont comblés en 1934, et la cheminée est détruite en 1935 :destruction cheminee bonnet 1935.jpg

Des terrains de football se trouvent aujourd'hui à l'emplacement de l'ancienne houillère. À côté du bloc de pierre de droite, sur la vue qui suit, une dalle rappelle rappelle l'existence à cet endroit du puits n°1 (628 mètres de profondeur) :site du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Les installations du charbonnage du Bonnet sont démantelées, mais au lendemain de la seconde guerre mondiale, on aménage sur ce terrain un camp de baraquements pour loger les mineurs immigrés (italiens et polonais) qui travaillent dans le charbonnage du Gosson tout proche. La photo nous reporte vers 1950 (la rue à l'avant-plan est la rue du Bonnet) :
baraquements bonnet_saint-nicolas_1952.jpg

Les baraquements rudimentaires en forme de demi-tonneaux :baraquements bonnet.jpg

Une messe à la chapelle du camp, en 1949 :chapelle_camp du bonnet_1949.jpg

Je laisse ici la parole à Monsieur Mario Da Deppo, qui a connu ce camp et qui m'a aimablement envoyé ce message :

« C'est avec beaucoup de plaisir que je vous raconte cette anecdote qui a marqué de très nombreuses personnes à Saint-Nicolas et dans les environs.

Je suis arrivé au Bonnet lorsque j'avais 5 ans, et le terril était un merveilleux terrain de jeux. Au sommet, il y avait une croix, une grande croix en mauvais état, plantée là depuis je ne sais combien d'années.

Nous montions au sommet du terril et puis... au sommet de la croix...et bien assis sur une de ses deux branches, nous avions une vue unique vers la vallée. Bien que cela ne remplaçait évidemment pas mes Dolomites natales !

La croix, vu son grand âge, s'est un jour effondrée. Nous sommes restés quelque temps sans notre jeu préféré. Plus tard, sous la conduite de Don Bruno, l'aumônier italien, et à l'initiative de je ne sais qui, il a été décidé de planter une nouvelle croix sur le terril.

C'est par une belle soirée d'été que la nouvelle croix a été montée au sommet. Une nouvelle croix faite de deux troncs de sapins énormes, qu'il a fallu hisser avec peine. Toutes les communautés y ont participé, il devait y avoir plus d'un millier de personnes à cette manifestation ! Une manifestation comme on ne connaît plus de nos jours. Dans le noir, la foule éclairée par quelques cierges, avec la nouvelle croix en tête, couchée et portée par une centaine d'hommes costauds !

La foule rassemblée au sommet était si nombreuse que l'on se serait cru place Saint-Lambert. Soirée mémorable s'il en est, pour des enfants qui courraient dans tous les sens en montant sur leur terril ! Nous avions enfin retrouvé notre plaine de jeux avec son exceptionnelle attraction »

 *  *  *  *  *

Le site du Bonnet en 1949, 1953 et de nos jours :bonnet_saint-nicolas_1949(1).jpgbonnet champ d'ébats_saint-nicolas_1953.jpgplaine sports bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 Ci dessous, une photo prise depuis le haut de la rue du Bonnet en 1949. Sous le viaduc à gauche de l'église Saint-Nicolas, passe une voie ferrée reliant les charbonnages de la région :
rue du bonnet_saint-nicolas_1949.jpg

 De nos jours, vu l'urbanisation des lieux, il faut descendre plus bas dans la rue pour découvrir un paysage semblable :église saint-nicolas_2015.jpg

C'est à ce niveau que la chemin de fer charbonnier traversait autrefois la rue du Bonnet :rue du bonnet_saint-nicolas_2015(2).jpg

 Sur cette photo de la rue du Bonnet en 1970, on devine, à la hauteur du piéton, l'ancienne tranchée du chemin de fer qui traversait la chaussée à cet endroit :rue du bonnet_saint-nicolas_1970(2).jpg

De nos jours (la flèche verte indique maintenant le début d'un ravel) :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015.jpg

 La rue du Bonnet est un cul-de-sac qui se termine aux grilles de l'actuelle plaine des sports :
rue du bonnet_saint-nicolas_2015(3).jpg

Voici le même endroit en 1970. À l'emplacement de la double flèche sur la photo précédente, subsistent des dépendances de l'ancien charbonnage, utilisées comme logements :
rue du bonnet_saint-nicolas_1970.jpg

Ces bâtiments, on les retrouve sur la gauche de la photo ci-dessous (1953), avec face à eux des installations sportives créées en 1950 sous l'appellation « champ d'ébats du Bonnet » :
champt d'ebats_bonnet_1953.jpg

Ce « champ d'ébats » célèbre son dixième anniversaire en organisant de nombreuses manifestations sportives, puis décline à la suite d'un changement de direction et de la morosité économique engendrée par la fermeture progressive des charbonnages.

Resté longtemps à l'abandon, le site du Bonnet est complètement assaini de 1980 à 90, et les autorités communales veillent, depuis le début du XXIe siècle, à le dédier à nouveau aux sports et aux loisirs (rappelons que le ravel, qu'on aperçoit sur la droite, est l'ancienne voie ferrée) :
site du bonnet_saint-nicolas_2008.jpg


Et le terril ?

 Les deux photos qui suivent datent de la fin des années 1950, pendant l'exploitation commerciale du terril du Bonnet (exploité à la manière d'une carrière de matériaux) :terril_bonnet_saint-nicolas_1957.jpgterril_bonnet_saint-nicolas_1957(2).jpg

 Le terril arasé en 1970, en partie recouvert de chaux à cause des émanations de gaz :terril_bonnet_1970.jpg

L'emplacement de l'ancien terril (des crasseux s'imaginant peut-être qu'il s'agit toujours d'un crassier) :
terril bonnet_2015.jpg

 
Quelques photos du centre sportif actuel :

site du bonnet_saint-nicolas_1.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_2.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_3.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_4.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_5.jpgsite du bonnet_saint-nicolas_6.jpg

16:55 Écrit par Claude Warzée dans 08. Le site du Bonnet | Commentaires (2) |  Facebook |

11/01/2015

La rue de Tilleur

La rue porte officiellement ce nom depuis 1877 ; elle est ainsi appelée parce qu'elle conduit vers la localité de Tilleur, laquelle devrait son nom aux tilleuls qui abondaient autrefois sur son territoire.

Le « thier de Tilleur »*, comme on disait jadis, est déjà cité au XIVe siècle, et c'est au milieu du XVIIIe que ce chemin est élargi et pavé, tout comme celui de Saint-Laurent à Saint-Gilles (l'actuelle rue Saint-Laurent). Ces voiries constituent alors, au départ de Liège, le premier tronçon de la route de France, route qui mène vers le sud via Seraing, Huy et le Condroz. De Tilleur à Seraing, c'est un bac** qui permet de traverser la Meuse.

* Le tronçon qui prolonge la rue de Tilleur vers la vallée s'appelle d'ailleurs toujours la rue du Vieux Thier.

** Un passage d'eau surnommé le « bac du prince », établi à l'époque du prince-évêque Georges Louis de Berghes pour permettre aussi la traversée des chariots et chaises à porteurs.


Situons les lieux sur cet extrait de la carte Ferraris (carte des Pays-Bas autrichiens réalisée par le comte Joseph de Ferraris dans les années 1770). Cliquez dessus pour l'agrandir :
carte ferraris.jpg
1 : la rue Saint-Laurent  /  2 : la rue Saint-Gilles  /  3
: La rue de Tilleur à la hauteur de l'abba
ye de Saint-Gilles (il n'en subsiste qu'une église romane modifiée au cours des siècles)  /  4 : les Grands Champs de Saint-Gilles  /
5 : la rue du Vieux Thier  /  6 : le bac du Prince
à Tilleur.    

 

La photo suivante est la carte postale ancienne qui circule le plus souvent sur Internet à propos de la rue de Tilleur. Elle porte souvent l'inscription manuscrite « 1905 » (que j'ai effacée), inscription erronée car Théodore Gobert situe en 1914 l'adjudication des travaux de construction du mur à gradins qui clôture le cimetière de Saint-Gilles :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_liege_debut XXe.jpg
Toujours à propos de la carte postale ci-dessus : les cheminées, dans le fond, sont celles du dépôt des tramways vicinaux de la rue Saint-Nicolas. Cette station possède en effet sa propre unité de production d’électricité.

Voici la même perspective en 2006 (à l'emplacement du glacier d'antan, le bâtiment a appartenu longtemps à l'atelier protégé Jean Delcour ; il est maintenant une annexe de la mosquée contestée du n° 140) :

rue de tilleur_saint-gilles_2006.jpg

Sur la gauche, on aperçoit la rue de Tilleur longeant le cimetière de Saint-Gilles :
Cimetière 2008.jpg


Découvrons la rue de Tilleur tronçon par tronçon. La flèche, sur la photo ci-dessous, en présente l'entrée, à la fin de la rue Saint-Gilles, dont on voit ci-dessous le dernier tronçon en 2006, pendant la construction de la résidence Deltour :rue saint-gilles-plateau-liege-2006.jpg

 Le début de la rue de Tilleur en 1938 :rue de tilleur_saint-gilles_liege_1938.jpg

En 1946 (commémoration du 11 novembre) :rue de tilleur_saint-gilles_liege_11 nov 1946.jpg

 De nos jours :
rue de tilleur_saint-gilles_liege-2008.jpg

 Comme la rue Saint-Gilles qu'elle prolonge, la première partie de la rue de Tilleur est fort commerçante :
rue de tilleur_saint-nicolas liege-2006.jpg

 La photo qui suit a été prise en septembre 1976, pendant la fête du quartier, associée aux commémorations religieuses en l'honneur de saint Gilles, le patron de la paroisse :rue de tilleur_saint-gilles_cortege 1967.jpg

La rue de Tilleur (dans l'axe de la flèche sur la vue aérienne ci-dessous) est proche de l'église dédiée à saint Gilles. À la fin des années 1970, la fête du quartier attire toujours les forains :
fete foraine_saint-gilles_liege_1979.jpg

Actuellement, il n'y a plus la moindre attraction, et même la baraque à croustillons et lacquemants (orthographe d'origine, due en 1903 à Désiré de Lille) a laissé place à une petite roulotte. Voici que ce qui subsistait de la fête foraine en 2008 :fete foraine_saint-gilles_liege-2008.jpg
Photographiée depuis la rue de Tilleur, la voirie que l'on voit sur la photo ci-dessus est la cour Saint-Gilles. Après les maisons de gauche, se trouve l'église romane Saint-Gilles :
eglise saint-gilles_liege_2008.jpg

La cour Saint-Gilles porte cette appellation pour rappeler le préau d'une abbaye existant là autrefois. Quelques bâtiments de cette ancienne abbaye bénédictine existaient encore dans la première moitié du XXe siècle, comme en témoigne cette vue qui nous reporte vers 1920 (ils étaient occupés par des religieuses de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur, originaires de France) :cour saint-gilles_liege_1920.jpg

Dans l'autre sens en 1966. La photo, cette fois, est prise depuis la cour Saint-Gilles en direction de la rue de Tilleur et de la rue Courte :rue de tilleur_rue courte_saint-gilles_1966.jpg

En avril 2013 :
rue de tilleur_saint-gilles_liege_2013.jpg

Au rez-de-chaussée de la résidence Virginie, en construction sur la vue ci-dessus, on a établi un nouveau bureau de poste. Il faut dire que le précédent a été détruit par un incendie en décembre 2001 :incendie 2001.jpg

De son début jusqu'aux Grands Champs, la rue de Tilleur délimite les communes de Saint-Nicolas et de Liège. Le cimetière Saint-Gilles (à gauche), est situé en territoire liégeois :rue de tilleur_cimetière saint-gilles_2008.jpg
C'est en 1817 que la Fabrique d'église de Saint-Gilles achète ce terrain pour en faire un cimetière paroissial. Le lieu de sépulture est agrandi à diverses reprises dans la seconde moitié du XIXe siècle, et son entrée est fixée cour Saint-Gilles en 1904.

Au départ, les besoins funéraires ne nécessitent pas toute l'étendue du terrain acquis, et les autorités paroissiales autorisent la commune de Saint-Nicolas à installer sa première école primaire sur une partie de leur bien. À la suite des travaux d'agrandissement du cimetière en 1894-99, cette école saint-clausienne devra abandonner sa localisation liégeoise, ce qu'elle fera définitivement en 1900 pour être intégrée dans le groupe scolaire du quartier Tout-Va-Bien.

 

La rue de Tilleur traverse la place des Grands Champs avant de se prolonger vers la vallée mosane (l'immeuble blanc, derrière les arbres, est un laboratoire dentaire qui bientôt remplacé par un restaurant-pizzeria :
grands champs 2008.jpg

 La rue de Tilleur et la place des Grands Champs vers 1930 :Place des Grands Champs 1930.jpg

 Le même endroit en novembre 2008 :grand champs_neige_2008.jpg

La rue de Tilleur au niveau de la place des Grands Champs, pendant la construction du restaurant-pizzeria Youyou, en octobre 2009 :youyou 2009.jpg

Sur la photo ci-dessous, prise en 1949, la flèche désigne la place des Grands Champs ; nous nous trouvons maintenant dans le tronçon qui descend vers Tilleur. Les maisons, à l'arrière-plan gauche, sont celles de la rue Likenne :rue de tilleur_saint-nicolas-1949(1).jpg

 Le même endroit en 2008, fortement urbanisé :rue de tilleur 2008(2).jpg

À l'embranchement avec la rue Baltus, au début du XXe siècle : rue de tilleur_saint-nicolas_debut XXe.jpg

Un siècle plus tard :
rue de tilleur 2008(3).jpg

De nos jours, vu l’urbanisation, il est impossible de voir ce panorama depuis la rue, comme en 1949 :
rue de tilleur terrils 1949.jpg

Il faut descendre la rue Baltus pour retrouver ce paysage (l'encadré rouge ci-dessous). Il y manque cependant le terril du charbonnage du Bonnet, assaini dès 1956 puis arasé :bonnet_saint-Nicolas_2015.jpg

Une autre photo de 1949 :rue de tilleur_saint-nicolas_1949.jpg

 Et sa correspondance en 2015 :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

L'embranchement avec la rue de la justice en 1949 (au sommet de laquelle se trouvait autrefois le gibet des Grands Champs de Saint-Gilles) :histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

De nos jours :
histoire de la commune de saint-nicolas,rue de tilleur,abbaye saint-gilles,église romane saint-gilles,liège,cimetière saint-gilles,grands champs,rue de la justice,vieux thier,tilleur

À partir du sens unique visible sur la photo ci-dessous, la rue de Tilleur devient la rue du Vieux Thier :
vieux thier_tilleur_2008.jpg

Le dernier tronçon du Vieux Thier est rustique et étroit (à l'horizon, on devine les installations métallurgiques de Seraing) :vieux thier_tilleur_2008(2).jpg

La croix ci-dessous, dissimulée dans la végétation du Vieux Thier, a un rapport avec l'histoire du gibet des Grands Champs, que vous pouvez lire en cliquant sur le lien fourni :croix_vieux_thier_tileur.jpg

Le Vieux Thier, dans la vallée à Tilleur, rejoint les rues Ferdinand Nicolay et Chiff d'or.

Avant 1977, Tilleur était une commune distincte ; on aperçoit, à droite, un morceau de la maison communale d'alors, aujourd'hui disparue :

À pîd dè Tier.jpg

L'ancienne maison communale, détruite en 1979, a été remplacée par l'école communale Chiff d'Or :
chiff d'or_tilleur_2008.jpg

Le document qui suit nous reporte en 1935. Cette parie de l'actuelle rue Ferdinand Nicolay s'appelle alors la rue du Horloz, du nom d'un ancien ruisseau. Le monument composé d'un socle en pierre taillée et d'un crucifix date de 1563 :horloz_tilleur_1935.jpg

 Le même endroit en 2008 :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008.jpg

Vu les transformations, le crucifix de 1563 a été déplacé un peu plus haut dans le Vieux Thier :
crucifix_vieux thier_tilleur_2008.jpg

La maison communale de Tilleur dans la première partie du XXe siècle, au pied du Vieux Thier, avec son monument aux morts 1914-18 :Ancienne maison communale de Tilleur.jpg

La même perspective de nos jours :rue ferdinand nicolay_tilleur_2008(2).jpg

16:00 Écrit par Claude Warzée dans 04. La rue de Tilleur | Commentaires (3) |  Facebook |

08/01/2015

Les Grands Champs

La place des Grands Champs en 1930 et 2008. Dans le fond, on aperçoit le clocher de l'église Saint-Gilles, édifice roman dont les origines remontent au XIIe siècle.
Place des Grands Champs 1930.jpgPlace des Grands Champs 2008.jpg

 Il y avait autrefois, dans les « grands champs » de Saint-Gilles, un gibet servant à pendre les malfaiteurs qui n'étaient pas citoyens liégeois, ceux-ci ayant le « privilège » d'être exécutés place du Marché. Mais ce n'était pas sur la place montrée ci-dessus que se trouvait ce lieu de supplice, mais du côté de la rue de la Justice. Cliquez ICI pour accéder à un article consacré à ce sujet dans mon autre blog « Histoires de Liège ».

La rue de Tilleur et la place des Grands Champs constituent la frontière entre les communes de Liège et Saint-Nicolas. Cette photo montre le côté saint-clausien de la place :
Place des Grands Champs SN.jpg

La rue des Grands Champs en 1954, vue depuis l'entrée de la rue Piron, où s'engage la voiture :
Rue des Grands Champs 1954.jpg

Dans l'autre sens en 2008, vue depuis la place des Grands Champs :Rue des Grands Champs 2008.jpg

15:30 Écrit par Claude Warzée dans 03. Les Grands Champs | Commentaires (2) |  Facebook |

04/01/2015

L'hôtel communal

La première maison communale de Saint-Nicolas se situe à l'angle des actuelles rues Malaise et Ferdinand Nicolay :
Maison communale fin XIXème siècle.jpg  Dès 1850, une école est installée à côté de cette maison communale ; elle est agrandie en 1880, à l'emplacement des buildings actuels de la rue Malaise* ; elle disparaîtra en 1912 au profit de nouveaux bâtiments scolaires dans la rue Tout-Va-Bien.
* Du nom d'une famille propriétaire de différentes bures (puits de charbonnages).

  Ci dessous, la rue Malaise en 2008 :
Rue Malaise.jpg

En 1902,commence le chantier d'un nouvel hôtel communal, que voici dans toute sa splendeur d'époque :
Hôtel communal 1902.jpg

   Cette bâtisse est détruite par un V1 en décembre 1944 :Hôtel communal 44-45.jpg

   Les services à la population sont installés dans divers locaux scolaires, mais le conseil communal envisage rapidement la construction d'un nouvel immeuble. Dès février 1945, l'architecte Crollaer est chargé d'établir un projet. 

  Les plans sont définitivement approuvés en 1949, et le chantier va durer de 1950 à 1954 :

construction maison communale saint-nicolas_1950b.jpgconstruction maison communale saint-nicolas_1950a.jpgmaison communale saint-nicolas_1954.jpg

Dans les années 1960, l'hôtel de ville se trouve au cœur d'un environnement champêtre (le clocher, à l'horizon, est celui de l'église Saint-Gilles) :
panorama saint-nicolas_annees 1960.jpg

Le quartier s'est fortement urbanisé dès la fin des années 1960 et au cours des années 1970 (la vue qui suit a été prise du haut de la rue du Mayeur, et le clocher, cette fois, est celui de l'église Saint-Nicolas) :
rue du mayeur_saint-nicolas_1970.jpg

Le même endroit de nos jours :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

L'hôtel communal au début des années 1970 :
maison communale_saint-nicolas_1970.jpg

L'hôtel communal dans son aspect actuel (après rénovation en 1990) :saint-nicolas,histoire de la commune de saint-nicolas,maison communale,hotel de ville,rue malaise,rue ferdinand nicolay,rue tout-va-bien,crollaer,rue du mayeur,montegnée,tilleur,jean muller,oscar condez,vitrail hôtel de ville,mineur,terrils

Ce vitrail, dans la cage d'escalier de l'hôtel communal, a été réalisé par le peintre-verrier Oscar Condez, selon un dessin de l'artiste Jean Müller (né à Montegnée en 1904 et décédé en 1977). Cette œuvre rappelle le passé houiller de la commune :
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Avant la fusion des communes votée en décembre 1975 et appliquée le 1er janvier 1977, Montegnée et Tilleur étaient des municipalités distinctes, chacune possédant sa propre maison communale.

Voici l'hôtel communal de Montegnée au tout début du XXe siècle, puis un siècle plus tard (devenu une annexe du siège principal de Saint-Nicolas) :
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Quant à la maison communale de Tilleur, que l'on voit vers 1910 sur la première vue ci-dessous, elle a été démolie en 1979 et remplacée par l'école du Pied du Thier : 
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15:25 Écrit par Claude Warzée dans 02. L'hôtel communal | Commentaires (4) |  Facebook |

03/01/2015

L'origine du nom de la commune : Saint-Nicolas

  Le nom de la commune provient d'une chapelle dédiée à saint Nicolas*, construite en 1147 dans une clairière du bois de Glain (la région est alors une épaisse forêt que l'on commence à défricher, et le mot « Glain » pourrait faire allusion aux glands des chênes).
* Consacrée le 22 juillet 1151 par l'évêque de Liège Henri de Leyen, cette chapelle devient un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Laurent, dont l'abbé est alors Wazelin II, grand admirateur de ce saint patron.

Reconstruit au début du XIIIe siècle, le sanctuaire est agrandi, mais cinq siècles plus tard, des transformations modifient et réduisent le corps d'église, tout en conservant le chœur roman d'origine.

Quand la principauté de Liége est annexée par la France en 1795, la chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain devient une annexe de l'église paroissiale de Saint-Gilles, puis est vendue en 1807. Elle finira transformée en grange.

Le chœur roman, délabré, sur un croquis de 1844  :Ruines 1844.jpg

Les ruines vers 1880 :
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Quand la paroisse Saint-Nicolas est créée en 1865, l'emplacement de la vieille chapelle n'en est plus le centre. Le projet de la restaurer, un moment envisagé, n'aboutit donc pas : une nouvelle église paroissiale sera construite dès 1874 (voir autre article consacré à ce lieu de culte).

 Examinez attentivement l'abside romane de la chapelle Saint-Nicolas sur les documents qui précèdent. Elle a servi de modèle pour celle de l'église Saint-Gilles, quand cette dernière a été modifiée et restaurée de 1891 à 1894 :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

La chapelle de Saint-Nicolas-en-Glain sera démolie en 1906. La voici en 1904 ; l'étage a été abattu, et ce qui reste du chœur  a été couvert d'un toit bricolé pour servir de remise :saint-nicolas,commune de saint-nicolas (liège),histoire de la commune de saint-nicolas,chapelle saint-nicolas,glain,forêt de glain,charbonnages,charbonnage de l'espérance

  Cet édifice, s'il existait toujours, se trouverait à l'angle de la rue Saint-Nicolas et de la rue des Noyers (autre appellation qui rappelle le passé forestier de l'endroit). Voici cet endroit en octobre 2009, pendant la construction d'un immeuble à appartements avec rez-de-chaussée commercial :
Travaux oct_2009.jpg

Quelques photos d'avril 2008, avant le début de ces travaux :Rue des Noyers_ rue Saint-Nicolas 1.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 2.jpgRue des Noyers_rue Saint-Nicolas 3.jpg
  Le terrain vague que l'on aperçoit de part et d'autre du pont Saint-Nicolas, c'est l'ancienne tranchée du chemin de fer Flémalle-Ans, voie ferrée qui desservait les charbonnages de la région.

La tranchée aujourd'hui désaffectée :Tranchée de l'ancien chemin de fer.jpg

  Le chemin de fer et le siège saint-clausien du charbonnage de l'Espérance au début des années 1970, avant leur démolition définitive :
Beur al djote.jpg
  Sur cette photo de septembre 2008, montrant les fondations du nouvel immeuble, on aperçoit toujours l'arcade de l'ancien pont Saint-Nicolas :
pont SN.jpg


Cliquez ICI pour davantage de renseignements sur la Société des charbonnages de l'Espérance et Bonne Fortune.

15:35 Écrit par Claude Warzée dans 01. Les origines du nom de la commune | Commentaires (3) |  Facebook |

06/04/2014

Le charbonnage du Gosson 2

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La rue Lamay :

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14:17 Écrit par Claude Warzée | Commentaires (0) |  Facebook |

26/11/2011

À l'angle de la rue de Tilleur et de la rue Courte : démolition d'immeubles anciens

Septembre 2011 :

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Du 18 au 24 novembre 2011 :

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14:56 Écrit par Claude Warzée dans 04. La rue de Tilleur | Commentaires (0) |  Facebook |

11/08/2009

Incendie place des Grands Champs

Le lundi 10 août 2009, vers  18h40, un incendie a éclaté place des Grands Champs. Aucune victime n'est heureusement à déplorer.

L'immeuble concerné est celui situé entre la pharmacie et l'ancien laboratoire dentaire où la supérette Youyou va bientôt ouvrir un restaurant-pizzeria.

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15:49 Écrit par Claude Warzée dans 03. Les Grands Champs | Commentaires (1) |  Facebook |

20/12/2008

Le village de Noël du Gosson 2

Quelques photos d'ambiance (la plupart sans flash) prises le vendredi 19 décembre de 16 à 17 heures :

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10:24 Écrit par Claude Warzée dans 11. Les charbonnages du Gosson | Commentaires (1) |  Facebook |

29/09/2008

Ouverture festive de la Maison des Terrils et de son parc environnemental pédagogique (ancien site houiller du Gosson)

(Cf. les rubriques «Les houillères du Gosson» du 13/06/2008 et «Ouverture d'une Maison des Terrils à Saint-Nicolas» du 11/09/2008).

Le site historique et environnemental annoncé dans ces rubriques précédentes a été officiellement ouvert au public le week-end des 27 et 28 septembre 2008.

L'ambiance à proximité de la cafétaria et des tentes gastronomiques :

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L'espace muséal, à l'intérieur de l'ancien lavoir, avec une figuration d'une «salle des pendus» (vestiaire des mineurs, où ceux-ci attachaient leurs habits à une corde pour les hisser au plafond) :

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À la découverte du terril Gosson 2 (avec, en chemin, un atelier de percussion) :

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À la découverte du terril Gosson 1 et des animations qui y sont organisées (descente spectaculaire en death-ride, chevaux de trait et débardage, promenades à poneys, démonstrations de cerfs-volants) :

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Promenade solitaire sur le terril Gosson 1 :

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Autres activités lors des journées d'inauguration (grimage des enfants, ateliers créatifs, modelage de ballons...) :

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15:50 Écrit par Claude Warzée dans 11. Les charbonnages du Gosson | Commentaires (0) |  Facebook |

11/09/2008

Promenade sur le terril de l'Espérance

L'Espérance, faut-il le rappeler, était le nom d'un charbonnage important établi à Montegnée (fermé en 1973), à proximité de l'actuelle clinique du même nom.

La photo ci-dessous a été prise en 1977 lors de la destruction du siège principal de la houillère ; l'endroit, de nos jours, est un terrain vague au bout d'un cul-de-sac appelé impasse de l'Espérance :

Démolition du siège principal de Montegnée en 1977

 

Le charbonnage de l'Espérance avait un autre siège non loin de là dans la rue Saint-Nicolas, là où le passant ne se rend même plus compte que ce fragment de chaussée est un ancien pont qui enjambait autrefois une voie de chemin de fer réservée à l'usage des convois miniers. Ce siège était familièrement surnommée «li beûr al djote» (la bure aux choux), car les mineurs s'y plaignaient de la friabilité des couches de charbon, qui éclataient «comme des choux pris par la gelée».

La «beûr al djote» en 1975, un an après sa fermeture :

Siège de Saint-Nicolas (beûr al djote)

 

Des travaux ont actuellement lieu à la hauteur du pont Saint-Nicolas, dans la tranchée désaffectée de l'ancienne voie ferrée Ans-Flémalle :

Le pont Saint-Nicolas

 

Tout le quartier porte encore les traces de son passé minier. La vue qui suit est tout un symbole. Il s'agit de la rue des Hotteuses, avec ses anciennes maisons ouvrières et le mur de la houillère :

Rue des Hotteuses

 

Les hotteuses ! Les «botrèsses al hoye»... Ces femmes qui transportaient le charbon dans leur hotte d'osier :

Des «botrèsses al hoye» au tout début du XXème siècle

 

Qui dit houillère, dit terril, monticule de déblais de l'exploitation. Le terril de l'Espérance, immense, s'aperçoit même du bas de Montegnée :

Le terril de l'Espérance vu de la place Vandervelde

 

Le terril est aujourd'hui une réserve naturelle urbaine et éducative. L'entrée principale pour les promenades et parcours pédagogiques se trouve au coin des rues Pasteur et jean Jaurès, avec une esplanade réservée au parking :

Parking et entrée du terril

 

Il est vrai que l'ancien crassier propose d'agréables sentiers de promenade, larges ou étroits, avec bien entendu, à l'aller, la certitude de côtes fréquentes, pourvues parfois d'escaliers. Du sommet, à 82 mètres d'altitude, on profite d'un point de vue privilégié sur certains quartiers de la commune :

Promenade 1

 

Promenade 2

 

Promenade 3

 

Promenade 5

 

Promenade 6

 

Promenade 7

 

Promenade 8

 

Hélas ! des panneaux didactiques sont arrachés ou vandalisés, et les lieux salis par d'indélicats visiteurs. Il faudrait trouver une solution pour empêcher de nuire (pour de bon et partout) les taggeurs, malotrus et autres crasseux qui sont la honte du genre humain. Mais ça, c'est un autre problème !

Pollution 1

 

vandalisme 1

 

Vandalisme 2

 

Vandalisme 3

 

Sans compter les déjections canines, sachets en plastique ou mouchoirs en papier...

16:08 Écrit par Claude Warzée dans 10. Les charbonnages de l'Espérance | Commentaires (7) |  Facebook |

Ouverture prochaine d'une maison des terrils à Saint-Nicolas (sur le site de l'ancien charbonnage Gosson 2 à Montegnée)

La commune de Saint-Nicolas est au coeur d'un projet eurégional concernant la valorisation des terrils, témoins de notre passé charbonnier, devenus des espaces verts d'une incroyable biodiversité.

C'est l'ancien site minier du Gosson 2 (fermé en 1966), au pied de la rue Lamay, à Montegnée, qui a été choisi pour y installer une « Maison des Terrils », centre d'accueil d'un parc pédagogique à la fois historique et environnemental.

Cette « Maison des Terrils » est en cours d'aménagement au départ d'un ancien lavoir, seul vestige architectural de l'exploitation houillère. Son inauguration est prévue pour le dernier week-end de septembre. Davantage de renseignements sur le site officiel « Pays des terrils ».

Vue du charbonnage Gosson 2 à l'époque de sa splendeur (le cercle rouge indique l'ancien lavoir et vestiaire des mineurs) :Le site du Gosson 2 au milieu du XXème siècle.jpg

Le lavoir en cours d'aménagement en « Maison des Terrils », avec le bâtiment d'époque à caractère muséal et une annexe moderne pour répondre aux besoins touristiques) :Aménagement de l'ancien lavoir (début septembre 2008).jpg

Le bâtiment restauré était un lavoir et vestiaire à l'usage des mineurs, identique à celui représenté ci-dessous (photo de 1907 extraite du site du Centre d’Animation et de Recherche en Histoire Ouvrière et Populaire (Carhop) :Le vestiaire du lavoir des mineurs en 1907.jpg

Mise en place de l'infrastructure métallique pour la reconstitution d'un vestiaire d'antan :Scénographie vestiaire.jpg

Voici quelques photos de l'évolution des travaux :Ancien lavoir et annexe d'accueil.jpgL'envol de la nature.jpgMoutons de métal.jpgDe drôles d'oiseaux en chemin.jpg

Une vue globale du chantier, avec l'aire de parking à gauche (cliquez sur la photo pour l'agrandir) :
Vue globale du chantier.jpg

13:30 Écrit par Claude Warzée dans 11. Les charbonnages du Gosson | Commentaires (2) |  Facebook |

22/06/2008

La communauté italienne de Saint-Nicolas

 En 1946, un protocole d'accord entre Bruxelles et Rome aboutit à l'arrivée dans nos régions de nombreux travailleurs italiens, dans la cadre d'un programme d'échange intitulé «des hommes contre du charbon ».

À Saint-Nicolas, par exemple, des baraquements sont construits sur le site du Bonnet, houillère fermée depuis 1930, pour loger les mineurs immigrés qui sont engagés dans le charbonnage du Gosson de Montegnée, situé tout près.

 Photo de 1949 montrant le camp aménagé pour les mineurs immigrés (à gauche, le terril du Bonnet ; à droite la «belle-fleur» du Gosson n°1) :

Camp italien du Bonnet 1949

 

Le site du Bonnet de nos jours, assaini et transformé en centre sportif :

Site sportif du Bonnet

 

En 1951, les Italiens représentaient 12,4 % des habitants ; leurs descendants constituent actuellement la moitié de la population.

Qui douterait d'une forte présence italienne dans nos quartiers n'a qu'à nous rendre visite à l'occasion d'un grand événement footballistique comme le Mondial ou l'Euro !

Une photo prise en 2006 (Mondial), dans le quartier Saint-Gilles, à la frontière entre les communes de Saint-Nicolas et de Liège :

Mondial 2006

 

Depuis 2006, la place située devant la gare ferroviaire de Tilleur (aujourd'hui désaffectée) a été rebaptisée « place d'Italie », pour rendre hommage à la communauté italienne de la commune. En 2008, un olivier centenaire y a été planté pour faire allusion aux origines méditerranéennes d'une grande partie de la population locale :

Place d'Italie et son olivier

17:54 Écrit par Claude Warzée dans 08. Le site du Bonnet | Commentaires (6) |  Facebook |

21/06/2008

Le château de Saint-Nicolas

Au 227 de la rue Ferdinand Nicolay, se situe le Château Saint-Nicolas, ancienne résidence bourgeoise transformée en hôtel *** :

227 rue Ferdinand Nicolay 4420 Saint-Nicolas

 

Cette magnifique demeure a été construite en 1835 par la famille Massange-Louvrex, enrichie grâce à l'essor dans la région des houillères et industries métallurgiques.

Le château vers 1900 (dessin de Tony Bergmans) :

Dessin de Tony Bergmans

 

Le château et les serres vers 1920 :

Château et serres vers 1920

 

Au début des années 1920, la propriété a été morcelée pour être mise en vente. C'est le colonel Constant (chef de corps du 12ème de ligne de 1925 à 1928) qui a racheté la bâtisse et les parcelles permettant de reconstituer le parc d'origine. Le lieu est d'ailleurs resté dans les mémoires sous l'appellation de « château Constant ».

Affiche de la propriété en vente à la fin des années 1920, pour le prix de 18000 francs (450 €) ! :

Château à vendre fin des années 1920

 

Le 16 décembre 1944, le bâtiment a été fortement endommagé par un V1 allemand :

Château endommagé par un V1 en 1944

 

Détruit par une deuxième bombe volante en janvier 1945, le château a été reconstruit à l'authentique dans la seconde partie des années 1950, pour servir de résidence au baron Jean Constant, le fils du précédent, et procureur général émérite près de la cour d'appel de Liège.

Château années 1960

 

( Bientôt ici, des photos de l'hôtel ***  )

 

16:46 Écrit par Claude Warzée dans 07. Le château Constant (Saint-Nicolas) | Commentaires (1) |  Facebook |